‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 162 sur 315 · Réflexion analogue dans Wavrin, loc. cit · texte numérisé non relu

Réflexion analogue dans Wavrin, loc. cit

108 DÉSARROI DES LIÉGEOIS (30 octobre 1467)

Ceste besongne achevée et que jà estoit fort tard, le duc de Bourgongne se retira en son ost et toute l’armée, sauf mille ou douze cens chevaulx, qui estoient allé passer à deux lieues de là pour chasser les fuyans; car autrement ne les eussent peü joindre, pour cause d’une“ petite rivière. Ilz ne feïrent pas grant exploit, pour la nuyt. Toutesfois aucuns en tuèrent et prindrenté. Le demourant® et la plus grant compaignye se saulva en la cité. Ce jour ayda bien à

| donner l’ordre le seigneur de Contay, lequel peu de jours après mourut en la ville de Hu! et eut assez bonne fin. Et avoit esté vaillant et sage; mais il dura peu après ceste cruelle oppinion qu’il avoit donnée contre les Liégeoys ostaigiers, dont avez ouy parler cy-dessus?.

Dès que ledict duc fut desarmé, appella ung secretaire et fist escrire unes lettres au connestable et autres qui estoient partiz d'avec luy à Louvain, et n’y avoit que quatre jours, où ilz estoient venuz embassadeurs, comme dit est, et leur signifia ceste victoire, priant que aux Bretons ne fust riens demandé.

Deux jours après ceste bataille, changea bien l’orgueil de ce fol peuple, et pour peu de perte. Mais, à qui‘ ce soit, est bien de craindre de mectre son estat en hazard d’une bataille, qui s'en peult passer; car pour petit de nombre de gens que l’on y pert, si mue-elle* les couraiges des gens de celuy qui pert plus’ qu’il n’est à croire®, tant en

a. pour une P. — b. en prindrent et tuèrent À. — c. B. de Mandrot rattache le demeurant à la phrase précédente, ce qui est certainement fausser le sens. — d. P ajoute que. — e. muent-

elles P. — f. plus omis par P. — g. encores M.

1. Huy. L'information est d’ailleurs erronée, car il mourut à Bruxelles : « Ou dit an [1467], le xix° jour de decembre, trespassa à Bruxelles le seigneur de Contay, gouverneur d’Arras, premier maistre d’hostel de monseigneur le duc de Bourgogne » (Wavrin, éd. M'e Dupont, Appendice, t. III, p. 266).

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