CONSÉQUENCES DES DÉFAITES MILITAIRES
espoventement de leurs ennemys que en mespris de leur maistre et de ses privéz serviteurs; et entrent en murmures et machinations, demandans® plus? hardiement qu’ilz ne souloyent et se courroussent quant on leur reffuse. Ung escu luy servoit plus par avant que après ne feroient trois. Et, si celuy qui a perdu estoit saige, il ne mectroit de ceste saison riens en hazard avecques ceulx qui ont fuy, mais seullement se tiendroit sur ses gardes et essayeroit de trouver quelque chose de leger! à vaincre, où ilz peüssent estre les maistres, pour leur faire revenir le cueur et oster la craincte.
En toutes façons, une bataille perdue a tousjours grand queue et mauvaise‘ pour le perdant. Vray est que les conquerans les doivent cercher, pour abreger leur œuvre, et ceulx qui ont les bonnes gens de pied et meilleurs que leurs voysins, comme nous pourrions aujourduy dire d’Angloys ou de Suysses. Je ne le diz pas pour despriseré les autres nations; mais ceux là ont eu de grans victoires, et leurs gens ne sont point pour longuement tenir les champs sans estre exploictéz, comme feroient Françoys ou Italiens, qui sont plus saiges et plus aiséz à conduyre.
l Au contraire, celuy qui gaigne devient en reputation et estime de ses gens plus grande que devant; son obeyssance accroist entre tous ses subjectz; on luy accorde en ceste estime ce qu’il demande‘; ses gens en sont plus courageux et plus hardiz. Aussi lesdictz princes s’en mectent aucunes fois en si grant gloire’ qu’il leur en meschet par après. Toutes telles dispositions viennent de Dieu qui donne mu-
tation aux choses selon le merite ou desmerite des gens. Î
a. demandent P. — b. plus omis par M. — c. et mauvaise omis par D. Nous rétablissons d'après les autres manuscrits. — d. deslouer P. — e. Bet P ont estimant, que B. de Mandrot résout estime en; À donne la leçon incontinent tout ce que. — f. P ajoute et entrent en si grand orgueil. — g. À, Bet P remplacent cette phrase par celle-ci : Et de cecy parle de veüe; et vient telle grace de Dieu seullement. Un manuscrit vu par