‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 166 sur 315 · Jean Prevost · texte numérisé non relu

Jean Prevost

5. Les deux envoyés de Louis XI, porteurs d’une proposition de trêve, étaient de retour le lundi 23 novembre, d’après Jean de Roye, éd. B. de Mandrot, t. I, p. 195.

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ment; mais aussi, si le lieu n’estoit fort, qu’il se retirast devers luy, car le chemin estoit trop mal aisé pour le secourir, pour ce que en ce quartier là sont tous rochiers. Ledict de Humbercourt se delibera de n’en partir point, car le lieu estoit très fort, et retint avecques luy cinq ou® six hommes de bien de la ville, de ceulx qui estoient venuz rendre les clefz de la cité, pour s’en ayder comme vous entendrez.

Comme vindrent les neuf heures au soir, nous ouysmes sonner leur cloche, à laquelle ilz se assemblèrent, et doubta ledict de Humbercourt que ce ne fust pour nous venir assaillir, car il estoit bien informé que monsr Raz de Lintre et plusieurs autres ne vouloyent consentir à ceste paix; et sa suspicion estoit vraye et bonne, car en ce propozestoientilz et prestz à saillir?.

Ledict seigneur de Humbercourt disoit : « Si nous les povons amuser jusques à mynuyt, nous sommes eschappéz, car ilz seront las et leur prendra envye de dormir, et ceulx qui sont mauvais contre nous prendront: la fuytte, voyant qu’ilz auront failly à leur entreprinse. » Et, pour pourvoir à cest expedient, il depescha deux de ces bourgeois qu’il avoit retenuz, comme je vous ay dit, et leur baïilla certains articles par escript assez amyables. Il le faisoit seullement peur leur donner occasion de parler ensemble et de gaigner temps, car ilz avoient de coustume, et ont encores, d'aller tout le peuple ensemble au palais de l’evesque quant il survenoit matières nouvelles, et y sont appelléz au son d’une cloche qui est leans.

Ainsi noz deux bourgeois, qui avoient esté des ostaiges, et des bons!, vindrent à la porte, car te chemin n’estoit pas

a. D omet cinq ou. Nons restituons ces deux mots d'après les autres manuscrits. — b. à assaillir B. — c. P ajoute dès lors.

1. C'est-à-dire : de ceux qui entendaient rester fidèles à la parole donnée. ;

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iobg dé deux getz dare) et trouvèrent largement gens arméz. Les ungs vouloyent que on assaillist, les autres non. I1z dirent au maistre de la cité tout hault qu’ilz apportoient aucunes choses bonnes par escript de par le seigneur de Humbercourt, lieutenant du duc de Bourgongne en celle marche, et qu’il seroit bon de les aller veoir au palais. Et ainsi le feïirent. Et incontinent ouysmes sonner la cloche audict palais : à quoy nous congneüsmes bien que ilz estoient embesongnéz?.

Noz deux bourgeois ne revindrent point; mais au bout d’une heure ouysmes plus grand bruyt à la porte que paravant, et y‘ vint beaucoup plus largement gens, et cryoient par dessus les murs et nous disoient villanies. Lors congneüt ledict de Humbercourt que le peril estoit plus grant pour nous que devant, et despecha arrière ces autres quatre ostaiges qu’il avoit, portans par escript comme luy, ayant esté gouverneur de la cité pour le duc de Bourgongne, les avoit amyablement traictéz et que pour riens ne vouldroit consentir leur perdicion, car il n’y avoit guères encores? qu'il avoit esté de l’ung de leurs mestiers, qui estoit des mareschaulx et des fèvresë, et en avoit porté robbe de livrée. Par quoy myeulx povoient adjouster foy à ce qu’il leur disoit : en somme que, s’ilz vouloient parvenir au bien de paix et saulver leur pays, qu'il failloit que ilz feïssent, après avoir baillé l’ouverture de la ville, comme ilz avoient promis, des choses contenues en certain mémoire. Et instruysit bien ces quatre hommes, lesquelz allèrent à la porte, ainsi que‘ avoient fait les autres, et la trouvèrent toute ouverte. Les ungs les recueilloient{ avecques grosses parolles et grosses menasses; les

a. il P. — b. encores omis par À.— c. comment M; comme P. — d. reculloient D. Nous corrigeons d'après P.

1. C'est-à-dire : n’était pas d'une longueur égale à deux portées de flèche.

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