LE DUC ET LES GANTOIS
pour parler à eulx. Grant partie des notables le attendirent en passant, luy offrant aller quant et luy!. Il les feïst demourer devant l’ostel de la ville et qu’ilz l’attendissent; peu à peu le menu peuple les contraignit® d’aller sur le marché. Estant là ledict duc, il leur commanda? qu'ils levassent ceste chasse et qu’ilz la rapportassent en l’eglise. Aucuns la levoyent pour luy obéyr, et d’autres la remettoient. I1z luy feïrent des demandes contre aucuns particuliers de la ville touchant deniers. [l leur promist faire justice; et quant il veit qu’il ne les povoit departir?, il se retira en son logeis. Et eulx demourèrent sur le marché par l’espace de huyt jours.
L’endemain luy apportèrent articles par lesquelz ils luy demandoyent tout ce que le duc Philippes leur avoit osté par ceste paix de Gavre‘3 et, entre les autres choses, que chascun mestier peüst avoir sa bannyère, comme ilz avoient accoustumé, qui sont Lxxn4. Pour la doubte en quoy il se veoit, il fut contraint de leur accorder toutes leurs demandes et telz privileiges qu'ilz voulurent‘. Et dès que il eut dit le mot, après plusieurs allées et venues, ilz plantèrent toutes ces/ bannyères sur le marché, qui ja estoient faictes, par quoy ils montrèrent bien qu'ils les eussent prinses oultre son vouloir, quant il ne les eust accordéesi.
Il avoit bonne oppinion de dire que les? autres villes prendroient exemple à son entrée qu'il feroit* à Gand, car
a. contrainct P. — b. Après ce mot, un espace gratté et resté blanc dans B.— c. Gand D. Erreur manifeste, que nous rectifions d’après les manuscrits corrects. — d. B et M omettent ce dernier membre de phrase. — e. vouloient P. — f. ses D. — g. les omis par P. — h. faisoient M et P.