‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 173 sur 315 · C'est-à-dire : séparer · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : séparer

3. Il s’agit de la paix de Gavre ou de Gavere (1453). Cf. Pirenne, op. cit., t. II, p. 267; 3° éd., p. 367

4. Le sens est : ils montrèrent bien qu’ils auraient arboré ces bannières en passant outre la volonté ducale et alors même que le duc ne les leur aurait pas accordées.

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plusieurs firent rebellion à son exemple, comme de tuer officiers et autres excès. Et s'il eust creü le proverbe de {son père, il n’eust point esté ainsi deceü, lequel disoit que Iceulx de Gand aymoient bien le filz de leur prince, mais (le prince non jamais. Et, à dire la verité, après le peuple de Liége, il n’en est nul plus inconstant. Une chose ont-ilz assez honneste, selon leur mauvaistié : car à la personne de leur prince ne toucheroient-ilz jamais, et les bourgeois et les notables sont très bonnes gens et très desplaisans de la follie du peuple.

Il avoit faillu que ledict duc eust dissimulé toutes ces desobeissances pour non avoir“ guerre à ses subjectz et aux Liégeoys ensemble; mais il faisoit bien son compte que, s’il luy prenoit bien au voyage qu’il faisoit, qu’il les rameneroit bien à raison; et ainsi en advint. Car, comme j’ay desja dit, ilz apportèrent au devant de luy toutes les bannyères jusques à Brucelles à pied et tous les privilleiges et les lettres qu’ilz luy avoient faict signer au partir qu’il feit de Gand; et, en une grant assemblée, en la grant sale de Brucelles, où il y avoit beaucoup d’embassadeurs, luy presentèrent lesdictes bannyères et semblablement tous les? privilleiges pour en faire à son plaisir!.

Ses officiers d'armes, par son commandement, ostèrent lesdictes bannyères des lances en quoy ilz estoient, et furent toutes envoyées à Boulongne sur la Mer, à dix lieues de Calais. Et là estoient celles qui leur furent ostées du temps de son père le duc Philippes, après les guerres qu’il avoit eues avecques eulx, où il les avoit vaincuz et subjuguéz. Le chancellier dudict duc? print tous leurs privileiges et en cassa ung qu'’ilz avoyent, qui estoit touchant leur loy. Car en toutes les autres: villes de Flandres le prince

a. desobeissances pour nourrir paix B (et non guerre, comme l'indique par erreur B. de Mandrot); M a même leçon que B; nourrir guerres P. — b. leurs P. — c. autre D.

1. Cf. la remarque faite ci-dessus, p. 118, n. 2. 2. C'était alors Pierre de Goux, successeur de Nicolas Rolin

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renouvelle tous ceulx de la loy chascun an et fait ouyr leurs comptes; mais à Gand, pour ce privileige, il ne pouvoit créer que quatre hommes, et ceulx là faisoient le demourant, qui sont vingt et deux, car en tout sont xxvi eschevins. Quant ceulx qui sont de la loy des villes sont bons pour le conte de Flandres, il est ceste année là en paix, et luy accordent voulentiers ses requestes ; et au contraire, quant lesdictes loix ne sont bonnes, il y survient voluntiers des novalitéz!.Oultre, ilz payèrent trente mil florins audict duc et six mil pour ceulx qui estoient à l’entour de luy et bannyrent aucuns de leur ville. Tous leurs autres privileiges furent renduz. Toutes les autres villes se‘ pacifièrent pour argent, car ilz n’avoient riens entreprins contre luy.

Et à toutes choses povez bien veoir le bien qui advient d’estre vainqueur et aussi le dommaige d’estre vaincu. Par quoy on doit bien craindre de se mectre au hazard d'une bataille qui n’y est contrainct? et, si force est que on y vienne, mectre avant le coup toutes les doubtes dont on se peult adviser. Car voulentiers ceulx qui font les choses en craincte donnent? les bonnes provisions et plus souvent gaignent que ceulx qui y procèdent avec grant orgueil, combien que, quant Dieu y veult mectre la main, riens n’y vault.

Etestoient ces Liégeoys icy excommuniéz, cinq ans avoit3, pour le different de leur evesque dont ne faisoient nulle estime, mais continuoient en leur folle‘ et mauvaise oppinion, sans qu'’ilz eussent sceü dire qui les mouvoit, fors trop de biens et grant orgueil. Etusoitledict roy Loys d’ung mot,

/ à mon gré. bien saige, où il disoit que, quant orgueil che-vauche devant, que honte et“ dommaige suyt° de/ bien près. Et de ce peché n’estoit il point entaché.

a. Nous suppléons, d'après les autres manuscrits, ce mot omis par D. — b. doivent P. — c. follie P. — d. et manque dans D. Nous restituons d'après les autres manuscrits. — e. suyt D; suivent partout ailleurs. — f. P omet de.

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