Entendez : j'étais
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134 LOUIS XI A PÉRONNE (11 octobre 1468)
de chambellain et couchoye® en sa chambre, quant je vouloye, car telle estoit l’usance de ceste maison. Ledict duc, comme il veït les portes fermées, feit saillir les gens de sa chambre et dit à aucuns que nous estions que le roy estoit venu là pour le trahir et qu’il avoit dissimulé ladicte venue de toute sa puissance et qu’elle s’estoit faicte contre son vouloir; et va compter! ces nouvelles du Liége, et comme le roy l’avoit faict conduyre par ses embassadeurs et comme tous ses gens avoient esté tuéz. Et estoit terriblement meü contre le roy et le menassoit fort; et croy veritablement que, si à ceste heure là il eust trouvé ceulx à qui il s’adressoit prestz® à le conforter? ou conseiller de faire au roy une mauvaise compaignye, qu’il eust esté fait, et pour le moins eust esté mys en ceste grosse tour. Avecques moy n’y avoit à ces parolles que deux varletz de chambre, l’un appellé Charles de Bisan‘1, natif de Dijon, homme honneste et qui avoit credit avecques son maistre. Nous ne aigrismes riens, mais adoulcismes à notre povoir.
Tost après, tint aucunes de ces parolles à plusieurs et coururent par toute la ville, et jusques en la chambre où estoitle roy, lequel fut forteffroyé ; et si estoit generallement chascun, voyant apparence de mal : regardans* quantes choses y a à considerer pour paciffier ung different, quant il est encommancé entre si grans princes et les erreurs qu’ilz feirent tous deux de non advertir leurs serviteurs qui estoient loing d'eulx, empeschéz pour leurs affaires, et ce que soudainement en cuyda advenir.
a. congnoissoie M et P (c'est-à-dire visitais). — b. ladite venue et À et P. — c. près P. — d. Voisin À, Visan M et P.—e. Pa rayé cette leçon, commune à tous les manuscrits, pour substituer regardez.