‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 188 sur 315 · CHAPITRE VIII] [DANGERS DES ENTREVUES PRINCIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII] [DANGERS DES ENTREVUES PRINCIÈRES

C’est grant follie à deux grandz® princes, qui sont comme esgaulx en puissance, de se entreveoir, sinon qu’ilz fussent en grant jeunesse, qui est le temps qu’ilz n’ont autres pensées que à leurs plaisirs. Mais depuis le temps que l’envye leur est venue d’accroistre les ungs sur les autres, encores qu'il n’y eust nul peril de personnes, ce qui est presque impossible, si accroist leur malveillance et leur envye. Park quoy vauldroit myeulx qu’ilz pacifiassent leurs differans par saiges et bons serviteurs, comme j’ay dit ailleurs! plus au long en ces memoires. Mais quelques experiences en veulxje dire, que j’ay veü et sceü de mon temps.

Peu d’années après que nostres roy fut couronné, et avant le Bien Publicque, se feïst une vue du roy et du roy de Castille, qui sont les plus alliéz princes qui soient en la chrestienté?, car ilz sont de roy à roy, de royaulme à royaulme et d'homme à homme et obligéz sur grandes malédictions de les bien° garder. A ceste veüe vint le roy Henry de Castille3 bien accompaigné jusques à Fontarrabye; et le roy estoit à Sainct Jehan de Luz, qui est à quatre lieues. Chascun estoit aux confins de son royaulme.

Je n’y estoye pas, mais le roy m'en a compté, et monseigneur du Lau aussi; et m’en a esté dict en Castille par

a. grandz omis par P. — b. Pour P. — c. bien manque dans D. Nous rétablissons ce mot d'après les autres manuscrits.

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