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ENTREVUE D'URTUBIE (28 avril 1463) 137

tebisel, et passa le roy de Castille du costé deçà. Ilz ne se goustèrent pas fort. Par especial congnut nostre roy que le roy de Castille ne povoit guères, sinon autant® qu’il plaisoit à ce grant maistre de Sainct Jacques et arcevesque de Touledo?; par quoy sercha leur accointance; et vindrent devers luy à Sainct Jehan de Luz, et print grant intelligence et amytié avecques eulx et peu estima leur roy.

La pluspart des gensb des deux roys estoient logéz à Bayonne, qui d’entrée se battirent très bien. Quelque alliance u’il y ait‘, si sont ce langues differentes*. Le conte de Lodesme passa la rivière en ung basteau dont la voille estoit de drap d’or, et avoit ungs brodequinsd{ chargéz de pierrerie et vint vers le roy. Les François disoient qu’il les avoit loués et emprunté le drap des eglises; toutesfois il n’estoit pas vray, mais* i avoit largement biens, et depuis l’ay veü duc d’Albourgÿ et tenir grant terre en Castille.

a. entant B. — b. des gens, répété puis rayé D. — c. eust P. — d. boursequins P. — e. Le début de la phrase, depuis : les François, manque dans D; il n’estoit pas vray conte B.

1. Urtubie, château près d’Urrugne, cant. de Saint-Jean-de- Luz, arr. de Bayonne (Basses-Pyrénées). Si l’entrevue n'eut pas lieu exactement à Urtubie, elle eut lieu tout auprès, au bord de la rivière. Cf. la rectification de B. de Mandrot à ce sujet, erratum du t. I de son édition (t. II, p. 480).

2. Le marquis de Villena et l’archevêque de Tolède étaient alors, en effet, les dirigeants de la cour de Castille.

3. La ponctuation du manuscrit D, que nous suivons, rend les deux phrases très claires. Commynes constate qu’il y eut des coups échangés dès le contact. Il ajoute que l'alliance n'empêche pas la différence des langues, cause, suivant lui, de l’incompréhension réciproque.

4. Il s'agit de chaussures luxueuses, comme le montre un passage d’Alonso de Palencia, Annales suorum dierum, cité dans J. Calmette, Louis X1, Jean IT et la révolution catalane, p. 453. Ceci infirme l'interprétation embarrassée de B. de Mandrot au t. I de son édition, p. 141, n. 4, abandonnée par lui, au surplus, dans l’erratum de son t. II, p. 480.

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