‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 197 sur 315 · CHAPITRE IX] [LE TRAITÉ DE PÉRONNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX] [LE TRAITÉ DE PÉRONNE

J'ay beaucoup mis avant retourner à mon propoz de l’arrest en quoy estimoit le roy estre à Peronne, dont j’ay parlé par cy-devant, et en suys sailly pour dire mon advis aux princes de telz assemblées. Ces portes ainsi fermées et ces gardes qui y estoient, comme vous ay dit“, dura deux ou trois jours. Et cependant ledict duc de Bourgongne ne veiït point le roy ny n’entroit des gens du roy au chasteau que peu, et par le guychet de la porte. Nulz des gens dudict seigneur ne furent ostéz de auprès de luy, mais peu ou nulz de ceulx du duc alloient parler à luy ny en sa chambre, au moins de ceulx qui avoient aucune auctorité avecques luy.

Le premier jour, ce fut tout effroy et murmure par la ville. Le second’, le duc fut ung peu refroidy. Il tint conseil la pluspart du jour et partie de la nuyt. Le roy faisoit parler à tous ceulx qu’il pensoit qui luy pourroient ayder; et ne failloit pas à promectre!. Et ordonna distribuer quinze mil escuz d’or; mais celuy qui eut la charge en retint une partye et s’en acquitta mal, comme le roy sceüt depuis2. Le roy craignoit fort ceulx qui autresfois l’avoient servy, lesquelz estoient venuz avec ceste armée de Bourgongne dont j’ay parlé, qui jà se disoient au duc de Normandie, son frère.

A ce conseil dont j’ay parlé y eut plusieurs oppinions. La pluspart disoyent que la seüreté que le roy avoit luy fust gardée, veü qu’il accordoit assez la paix en la forme qu’elle

a. commys P au lieu de comme vous ay dit. — b. emprès M. — c. scond D. — d. louèrent M; louoient P.

1. C'est-à-dire : ne manquait pas de faire des promesses. Faut-il voir ici un aveu personnel ?

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