Peut-être par Commynes lui-même
NÉGOCIATIONS DE PÉRONNE (13 octobre 1468) 143
avoit esté couchée par escript!; autres vouloient sa prinse rondement sans® cerimonye; aucuns autres, que à dilligence l’on feïst venir monsr de Normandie, son frère, et qu’on feïst une paix bien advantaigeuse pour tous les princes de France. Et sembloit bien à ceulx qui faisoient ceste ouverture que, si elle se accordoit, que le roy seroit restraint et que on luy bailleroit gardes, et que ung si grand seigneur prins ne se delivre jamais ou à peine?, quant on luy faict si grand offense. Et furente les choses si près que je veïz ung homme houzé3 et prest à partir, qui jà avoit plusieurs lettres adressans à monsr de Normandie estant en Bretaigne et n’attendoit que les lettres dudict duc. Toutesfois, cecy fut rompu.
Le roy feït faire des ouvertures et offrir de bailler® ostaiges le duc de Bourbon et le cardinal son frère, le connestable et plusieurs autres, et que, après la paix conclue, il peüst retourner jusques à Compiengne et que incontinent il feroit que les Liégeois repareroient tout ou se declareroit{ contre eulx. Ceulx que le roy nommoit pour estre ostaigiers sed offroient fort, au moins en public. Je ne sçay s’ilz disoient ainsi à part. Je me doubte que non. Et, à la verité, je croy qu’il les y eust laisséz, qu’il ne fust pas revenu.
Ceste nuyt, qui fut la tierce, ledict duc ne se despouilla oncques. Seullement se coucha par deux ou trois fois sur son lit, et puis se pourmenoit, car telle estoit sa façon quant il estoit troublé. Je couchay ceste nuyt en sa chambre et me
a. M intercale autre. — b. et en veïz P. — c. M intercale en. — d. si P.
1. Commynes était du nombre de ceux qui soutenaient cette thèse. « Et luy dist aussi telles paroles et remonstrances le seigneur de Renescures qui estoit bien en sa grace » (interpolations de la Chronique scandaleuse, Jean de Roye, éd. B. de Mandrot, t. Il, p. 219).