Avec peine, malaisément
3. « Houzé » signifie ayant chaussé ses « houses », tout botté, dirions-nous aujourd’hui.
4. Il faut entendre : à défaut, il se déclarerait contre eux.
144 TRAITÉ DE PÉRONNE (14 Octobre 1468)
pourmenay avecques luy plusieurs fois. Sur le matin se trouva en plus grant collère que jamais et usant de menasses et prest à executer grant chose. Toutesfois il se reduysit que, si le roy juroit la paix et vouloit aller avecques luy au Liége pour luy aider à venger monsr du Liége!, qui estoit son prochain parent, qu’il se contenteroit. Et soudainement part pour aller en la chambre du roy et luy porter ces parolles.
Le roy eut quelque amy qui l’en advertit2)| le asseürant de n'avoir nul mal, accordant ces deux pointz3; et que, en faisant le contraire, il se mectoit en si grant peril que nul plus grand ne luy pourroit advenir. Comme le duc arriva en sa presence, la voix luy trembloit, tant il estoit esmeü et prest de se courrousser. Il fist humble contenance du‘ corps, mais sa geste et sa parolle estoit aspre, demandant au roy s’il vouloit tenir le traicté de paix qui avoit esté escript et accordé et si ainsi le vouloit jurer. Le roy respondit que ouy. A la verité, il n’y avoit riens esté renouvellé# de ce qui avoit esté fait devant Paris touchant le duc de Bourgongne, ou peu ou moinsÿ. Et, touchant le duc de Normandie, luy estoit amendé beaucoup, car il estoit dit qu’il renonceroit à la duché de Normandie et auroit Champaigne et Brye et autres pièces voysines pour son partaigeë.
Après, luy demanda ledict duc s’il ne vouloit point venir avecques luy au Liége, pour aider à revencher la trahison que les Liégeois luy avoient faicte à cause de luy. Et aussi luy dit la prochaineté du lignaige qui estoit entre le roy et
a. de P.