C'est-à-dire : au moment de la séparation
166 CHATIMENT DE LIÉGE (novembre 1468)
des Cordes et d’'Esmeries! et grant bailly de Henault jusques hors des terres dudict duc. |
Ledict duc demoura en la cité. Il est vray que en tous endroitz elle fut cruellement traictée : aussi elle avoit cruellement usé de tous excès contre les subjectz dudit duc, et, dès le temps de son grant père, sans riens tenir estable de promesse qu’ilz feïssent ne de nul appoinctement qui fust faict entre eulx. Et estoit jà la cinquiesme? année que ledict duc y estoit venu en sa personne, et tousjours fait paix et rompue par eulx l’an après. Et jà avoient esté excommuniéz par longues années pour les choses cruelles qu’ilz avoient commises contre leur evesqueë. À tous lesquelz commandemens de l’eglise touchant lesdictz differens ilz n’eurent jamais reverence ny* obeissance.
Dès que le roy fut party, ledict duc, avec peu de gens, delibera d’aller en Franchemont, qui est ung peu oultre le Liége, pays de montaigne très aspre et de boysi. Et de là venoient les meilleurs combattans qu’ilz eussent, et en estoient partiz ceulx qui avoient fait ces saillies dont j'ay parlé cy-devantÿ. Avant qu’il partist de ladicte cité, furent noyéz en grand nombre de pouvres gens prisonniers qui avoient esté ès maison cachéz à l’heure que ceste cité fut prinse. Oultre, fut deliberé de faire brusler ladicte cité, laquelle en tous temps a esté fort peuplée, et fut dit que on la brusleroit à trois fois, et furent ordonnéz trois ou quatre mil hommes de pied du pays de Lembourg, qui estoient leurs voisins et assez d’ung habit et d’ung langaige”, pour faire ceste desolation et pour deffendre les eglises.
a. ne P.
1. Antoine Rolin, seigneur d’Aimeries, fils du célèbre chancelier de Bourgogne Nicolas Rolin.