L'APANAGE DE CHARLES DE FRANCE
ledict duc à cause des termes qui luy avoient esté tenuz à Peronne et au Liége, et sembloit que patiemment le portast, nonobstant que depuis survint grant guerre entre eulx, mais non pas si tost, et n’en fut point la cause la chose dont j’ay parlé? par cy-devant, combien qu’elle y peüst® ayder, car la paix eust esté presque telle qu’elle estoit quant le roy l’eust faicte à Paris. Mais ledict duc de Bour-
ongne, par conseil d’officiers, voulut eslargir ses limites; et
uis quelques abillitéz furent faictes pour y remettre la noyse, dont je parleray quant il sera temps.
Monsr Charles de France, seul frère du roy et naguères duc de Normandie, lequel estoit informé de ce traicté faict à Peronne et du partaige que par celuy devoit avoir, envoya incontinent devers le roy luy supplier qu’il luy pleüst accomplir ledict traicté et luy bailler ce qu’il avoit promys. Le roy envoya devers luy sur ces matières et y eut plusieurs allées et venues!. Aussi le duc de Bourgongne envoya ses embassadeurs vers ledict monsr Charles luy prier ne vouloir accepter autre partaige que celuy de Champaigne et de Brye, lequel luy estoit accordé par son moyen, luy remonstrant l’amour qu’il luy avoit monstré là où il l’avoit habandonné, et le duc n’avoit encores voulu faire le semblable, comme il avoit veü, et si avoit nommé le duc de Bretaigne en ceste paix comme son allyé. Oultre, luy faisoit dire comme l’assiette de Champaigne et Brye leur estoit propice à tous deux, et que, si le roy d’aventure le vouloit fouller, du jour au lendemain il povoit avoir le secours de Bourgongne, car les deux païs joingnent ensemble, et si avoit son partaige en assez bonne valleur, car il y prenoit tailles et aydes et n’y avoit le roy riens que l’hommaige et ressort2.
a. et pour ce que P. — b. je parle A. — c. qu'il peult bien P. — d. P intercale estant.
1. Sur les négociations menées pour obtenir l’échange d’apanage, tout a été dit par H. Stein, Charles de France, p. 255 et suiv.