‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 229 sur 315 · LA SITUATION MILITAIRE · texte numérisé non relu

LA SITUATION MILITAIRE

Or vous voyez les choses qui se dressoient pour courir sus audict duc, lequel en fut adverty, et mist sus ung grant nombre de gens payéz à gaiges mesnaïigiers, ainsi l’appelloit-on. C’estoit quelque peu de chose qu’ilz avoient pour se tenir prestz en leurs maisons. Toutesfois ilz faisoient monstre! tous les moys sur les lieux et recevoient argent. Cecy dura trois ou quatre moys et se ennuya? de ceste mise; et rompit ceste assemblée et se osta de toutes craintes, car souvent le roy envoioit devers luy; et s’en alla ledict duc en Hollande. Il n’avoit nulles gens d’ordonnance qui fussent tousjours prestz ne garnysons en ces villes de frontière; dont mal luy printe.

Luy estant en Hollande, fut adverty par le feu duc‘ Jehan de Bourbon? que brief3 la guerre luy seroit commancée, tant en Bourgongne que Picardie, et que le roy y avoit de grans intelligences et aussi en sa maison. Ledict

‘duc, qui se trouvoit despourveü de gens (car il avoit depar-

tye ceste assemblée dont j'ay parlé naguères et renvoyéz tous chez eulx), fut bien esbahy de ces nouvelles : pour quoy incontinent passa la mer et tyra en Arthois et tout droit à Hesdynÿ. Là entra en plusieurs suspicions tant de ses° serviteurs comme des traictéz que l’on menoit en ces villes dont j’ay parlé. Et fut ung peu long à s’apprester, ne croyant point tout ce qu’on disoit; et envoya querir à Amyens deux des principaulx de la ville, lesquelz il suspessonnoit de

a. courre P. — b. advisa P. — c. Quelques manuscrits, dont P, ajoutent plusieurs mots. Voici la fin de phrase de P : Et s’il n’entendoit point ce qui pratiquoit a Amyens, Abbeville et Sainct Quentin pour les remettre en la main du roy. — d. feu le duc A.—e. P omet ses.

1. Nous avons déjà relevé le sens militaire de ce mot, désignant une « revue ». Cf. p. 174, n. 1.

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