Du 19 mars au 10 avril
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186 OPÉRATIONS EN PICARDIE (avril 1471)
bien qu'il n’avoit® point faict!, mais estoit en guerre plus que jamais?.
Ceulx qui estoient en la ville d'Amyens feïrent une entreprinse pour assaillir le duc de Bourgongne en son ost, pourveü que le roy voulsist envoyer joindre avec eulx l’armée qu’il avoit avecques luy à Beauvais. Le roy, adverty de ceste entreprinse, la leur envoya deffendre et de tous pointz la rompre. Car, combien qu’elle sembloitadvantaigeuse pour le roy, toutesfois y avoit-il hazard, pour ceulx qui sailloient de la ville par especial; car tous sailloient par deux portes, dont l’une estoit près de l’ost dudict duc de Bourgongne et, s’ilz eussent failli à la desconfire d’entrée? et qu’ilz eussent esté à pied, ilz eussent esté en dangier d’eulx perdrec et de perdre la ville.
En ces entrefaictes, envoya le duc de Bourgongne ung paige nommé Symon de Quingé3, qui depuis a esté bailly de Troyes, et escripvit au roy six lignes de sa main, se humiliant enverst luy et se dolent de quoy il luy avoit ainsi couru sus, à l’appetit d’autruy‘, et qu’il croyoit que, s’il eust esté bien informé de toutes choses, qu’il ne l’eust* pas faict. :
Or l’armée que le roy avoit envoyée en Bourgongne avoit desconfit toute la puissance/ de Bourgongne, qui estoit saillye aux champsÿ, et prins plusieurs prisonniers. Le nombre des morts n’estoit pas grand, mais la desconfiture y estoit. Et si avoient desjà assiegé des places et prins, qui esbahissoit ung peu ledict duc. Toutesfois il faisoit semer?
a. n'y avoit P. — b. devant P.— c. P omet d’eulx perdre, nécessaire au sens. — d. devers P. — e. luy eust P.— f. Même leçon dans À, B et D; l'armée P. — g.sonner M. Chantelauxze interprète : « Sonner à son de trompe. »