‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 241 sur 315 · Commynes veut dire que, cependant, des places avaient été · texte numérisé non relu

Commynes veut dire que, cependant, des places avaient été

DUPLICITÉ DU COMTE DE SAINT-POL (Mai 1471) 187

en son ost tout le contraire et que les siens avoient eu du meilleur.

Quant le roy eut veü ces lettres que ledict duc de Bourongne luy avoit escript, il en fut fort joyeux pour la raison ue avez oÿe dessus et aussi que les choses longues luy nnuyoient; et luy feïst responce; et envoya povoir à

aucuns qui estoient à Amyens pour entrer en une trève, et si en feït deux ou trois de quatre ou cinq jours. Et, à la fin finalle, si en feïit une d’ung ant, comme il me semble, dont le connestable, conte de Sainct Pol, monstroit signe de desplaisir; car, sans nulle doubte, quelque chose que les gens ayent pensé ou sceüssent penser au contraire, ledict conte de Sainct Pol estoit lors ennemy capital du duc de Bourgongne® ny oncques puis n’y eut amytié de l’ung à l’autre, comme vous avez veü par l'issue. Mais bien ont envoyé les ungs devers les autres pour se praticquer3 et chascun pour s’aider de son compaignon.

Et ce que ledict duc en faisoit, c’estoit tousjours pour cuider ravoir Sainct Quentin. Semblablement, quant ledict connestable avoit paour ou craincte du roy, il la luy promectoit rendre. Et en y eut des entreprinses où les gens du duc de Bourgongne, par le vouloir dudict connestable, en approchèrent deux ou trois lieues près, pour les mettre dedans!. Et quant se venoit au joindre ledict con-

a. P ajoute et pour plusieurs parolles, mots que Sauvage nous apprend avoir été rayés sur son « vieil exemplaire ». — b. P donne cette phrase différemment : jusques a deux ou troys lieues pour le mettre dedans. Dans Sauvage, le texte devient : Et y eut des entreprises où les gens du duc de Bourgongne, par le vouloir dudit connestable, en approuchèrent et les faisoit venir deux ou trois lieues près pour. La phrase manque totalement dans B.

aménagées et prises, en sorte que le duc était étonné quelque peu de la tournure des événements.

1. Il y eut une trêve de trois mois avec prolongation (dom Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, p. 302).

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