‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 261 sur 315 · DUB SD · texte numérisé non relu

DUB SD

COMMYNES A CALAIS (octobre 1470) 209

Vaneloc® me manda à disner, qui estoit bien accompaigné, et avoit le ravestre d’or! sur le bonnet, qui estoit la livrée dudict conte, qui est ung baston noué?, et tous les autres semblablement; et qui ne l’y povoit avoir d’or l’avoit de drap.

t me fut dit à ce disner que, dès ce que le passaigier< fut © arrivé d'Angleterre, qui leur avoit porté ceste nouvelle, que en moins d’ung quart d'heure chascun portoit ladicte livrée; tant fut ceste” mutation la hastifve et soudaine : c’est la pre-

ière foiz-que j’euzjamais congnoissance que les choses de

ce monde sont peu estables. Ledict de Vaneloc® ne me dist

que parolles honnestes et quelque peu d’excuse en la faveur dudict conte, son cappitaine, et les biens qu’il luy avoit faitz. Mais quant aux autres”, qui estoient avecques luy, jamais ne furent si desbordéz, car ceulx que je pensoye les meilleurs pour ledit roy? estoient ceulx qui plus le menassoient, et croy bien que aucuns le faisoient pour crainte et d’autres le faisoient à bon escient. Ceulx que j’avoye voulu mectre hors de la ville le temps passé, qui estoient serviteurs domesticques dudict conte, avoient de ceste heure là bon credit. Toutesfois ilz n’avoient jamais riens sceü que j'eusse parlé d’eulx audict Vaneloci.

Je leur respondoye à tous propoz que le roy Edouard estoit mort et que j'en estoye bien asseüré, nonobstant que je sçavoye bien le contraire, et disoye aussi que, quant il ne le seroit, si estoient les alliances que monseigneur de Bourgongne avoit avec le roy et le royaulme d’Angleterre telles, qu’elles ne se povoient enfraindre pour ce qui estoit advenu, et que celuy qu’ilz prendroient pour royi, et nous aussi?;

a. Vaucloue D. — b. noir dans tous les manuscrits, mais la leçon originale n’est pas douteuse. Cf. notre Introduction, p.xviii, n. 3. — c. messaige À. — d. ladite À. — e. Vaucloe D. — f. Et les autres P. — g. Les mots pour ledict roy manquent dans D. — h. le P. — i. Vaucloe D. — j. pour leur roy M; pour le roy P.

Page 1