Guines, arr. de Boulogne (Pas-de-Calais
208 COMMYNES A CALAIS (octobre 1470)
verge! qu’il portoit au doy? pour enseignes et me manda que
‘ je passasse oultre, et me deüssent-ilz prendrei, car il me
rachetteroit. Il ne craignoit point fort à mectre à peril ung
‘sien serviteur pour s’en ayder, quant il en avoit besoing!;
mais je y avoye pourveü par le moyen de ceste seüreté, laquelle j’euz, avecques très gracieuses lettres de monsr de Vaneloc®, disant que je povoye aller comme j’avoye acoustumé.
Je passay à Guynes et trouvay le cappitaine hors du chasteau, qui me presenta à boire, sans me offrir le chasteau comme il avoit de coustume, et fist très grant chère et honneur à ces gentilz hommes qui estoient avecques moy des partissans du roy Henry. Jeb allay à Callaix. Nul ne vint au devant de moy comme ilz souloyent fairec. Tout homme portoit la livrée de monsr de Warvic. A la porte de mon logeïs et de ma chambre me feïrent plus de cent croix blanchesÿ et des rymes contenantz que le roy de France et le conte de Warvic estoit tout ungf.
Je trouvay tout cecy bien estrange et° envoyay d'aventure à Gravelines?, qui est à cinq lieues de Calaix, faire commandement d’arrester tous marchans et marchandises d’Angleterre, à cause de ce qu’ilz avoient ainsi couru. Ledict de
a. Vaucloe D. — b. et À. — c. comme il avoit P. — d. Tous les manuscrits ont rymes. mot qui désigne des vers, des chansons. P a rayé ce mot et substitué ronges, correction que B. de Mandrot a raison de trouver « douteuse », car la fin de la phrase n'a alors plus de sens. — e. ÿ P.
. Anneau.
. Doigt.
. C'est-à-dire : même dussent-ils me prendre. . Sur ce grief à l’adresse du duc, cf. notre Introduction, p. vi. . Le blanc est la couleur française.
. Sur la campagne de chansons composées à cette occasion, voir l’ouvrage sur Louis XI et l'Angleterre que nous publierons prochainement en collaboration avec M. Périnelle.