‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 263 sur 315 · C'est-à-dire : l’entrepôt · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : l’entrepôt

CONFÉRENCES DE SAINT-POL (7-8 janvier 1471) 211

cest appointement et à faire demourer ces gens que monsr },,. de Warvic avoit. €

Cecy vint bien à propos au duc de Bourgongne, pour ce * que c’estoit proprement à l’heure que le roy avoit prins Amyens et Sainct Quentin. Et si ledict duc eust eu guerre

vecques les deux royaulmes à une fois, il estoit destruict#? I] travailloit de adoulcir monseigneur de Warvic tant qu'il povoit, disant qu’il ne vouloit riens faire contre le roy Henry, et qu’il estoit de ceste lignée de Lenclastre, et toutes telles parolles servantes à sa matière?.

Or, pour retourner au roy Edouard, il vint* devers ledict duc de Bourgongne? à Sainct Pol3 et le pressa fort de son ayde pour s’en povoir retourner, l’asseürant d’avoir grandes intelligences dedans le royaulme d'Angleterre et que pour Dieu il ne le voulsist habandonner, veü qu’il avoit espousé sa seur et qu’ilz estoient frères d’ordre. Le duc de Sombresset et de Cestre pressoient tout le contraire et pour le party du roy Henry. Ledict duc ne sçavoit ausquelz complaire, et envers les deux partyes craignoit à mesprendre; et si avoit la guerre bien asprement encommancée à son visaige. Finablement, il creüt pour lors® ledict duc de Sombresset et les autres dessusdictz, prenant certaines promesses d’eulx contre le conte de Warvic, dont

a. P supprime le commencement de la phrase et a simplement le roy Edouard vint. — b. devers luy P. — c. P substitue il mis bien empoint à il creüt pour lors; À présente la même leçon que P, sauf que à point remplace empoint.

1. Commynes a une vue très juste de la situation. De la restauration du roi Henry À Londres, Louis XI voulait faire sortir le démembrement de l’État bourguignon, comme nous le montrerons dans l’ouvrage en préparation sur Louis XI et l’Angleterre.

2. En réalité, l’opposition du Parlement anglais faisait échec au plan de Louis XI.

3. Conférences des 7 et 8 janvier 1471. Sur les relations de Charles le Téméraire et d’Édouard IV à ce moment, cf. ce que dit plus haut notre auteur, liv. Il, ch. vur, ci-dessus, p. 138.

212 RETOUR D'ÉDOUARD IV EN ANGLETERRE (MArS 1471)

ilz estoient anciens ennemys. Voyant cecy, le roy Edouard, qui estoit sur le lieu, n’estoit pas à son aise. Toutesfois on luy donnoit les meilleures parolles que on povoit, disant que l’on faisoit ces dissimulations pour n’avoir point la guerre aux deux royaulmes à ung coup; car, si ledict duc estoit destruict, il ne le pourroit pas ayder après® à son aise.

Toutesfois ledict duc, voyant que plus ne povoit retenir le roy Edouard qu’il ne s’en allast en Angleterre (et pour plusieurs raisons ne l’osoit de tous pointz courroucer), il faignit en publicque de ne luy baïiller nul secours et feist \cryer que nul n’allast à son ayde; mais, soubz main et se- \crettement, il luy feïst bailler cinquante mil florins à la croix Sainct André et luy feïst faire finance de trois ou quatre grosses nefz, qu’il luy fist accoustrer ou port de la Vere! en Hollande, qui est ung port où chascun est receü, et luy |souldoya secrettement quatorze navires de Oustrelins bien arméz, qui promectoient le servir jusques ad ce qu’il fust passé en Angleterre et quinze jours après. Ce secours fut très grand selon le temps.

[CHAPITRE VII] [RÉTABLISSEMENT D'Épouarp IV EN ANGLETERRE)

Le roy Edouard partit? l’an mil quatre cens LXXI, ainsi comme le duc de Bourgongne alloit contre le roy vers Amyens. Et sembloit bien audict duc que le faict d’Angleterre ne povoit aller mal pour luy et qu’il avoit amyz aux

a. P ajoute si et À ce.

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