‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 265 sur 315 · Le 11 avril · texte numérisé non relu

Le 11 avril

2. Tous les documents confirment qu’on avait mal auguré de l'aventure, comme on le verra dans l’ouvrage sur Louis XI et l'Angleterre annoncé ci-dessus.

3. Nous pensons qu’il faut lire ici encore « d’essiens », et non « des siens », comme l’ont fait jusqu'ici les éditeurs. Cf., sur cette expression déjà employée par Commynes, ci-dessus, p. 56, n. 2

214 BATAILLE DE BARNET (14 avril 1471)

se trouvèrent l’ung devant l’autre, se tourna le duc de Clarance, frère dudit roy Edouard, avecques luy, accompaigné de bien douze mil hommes, qui fut! grant esbahissement audict conte de Warvic et grant resconfort audict roy, lequel avoit peu de gens.

Vous avez bien entendu par cy devant? comme ceste marchandise dudict duc de Clarance avoit esté menée; et, nonobstant tout, si fut la bataille3 très aspre et très forte. Tout estoit à pied d’ung costé et d’autre. L’avantgarde du roy fut fort endommaigée et joingnit la bataille du conte de Warvic jusques à la sienne, et de si près que le roy d’Angleterre combattit en sa personne autant ou plus que nul homme qui fust des deux costéz.

Ledict conte de Warvic ne estoit jamais acoustumé vouloir descendre à pied, mais avoit de coustume, quant il avoit mis ses gens en besongne, il montoit à cheval. Si la besongne alloit bien pour luy, il se trouvoit à la meslée; et, si elle alloit mal, il se deslogeoit de bonne heure. A ceste foiz, fut contrainct par son frère, le marquis de

“Montagu, lequel estoit très vaillant chevalier, de descendre à pied et den envoyer les chevaulx. Tellement se porta ceste journée que ledict conte mourut et sondict frère, le marquis de Montagu, et grant nombre de gens de bien. Et fut la desconfiture très grande, car la deliberation du roy Edouard estoit, quant il partit de Flandres, qu’il ne

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