‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 269 sur 315 · Bataille de Tewkesbury (4 mai · texte numérisé non relu

Bataille de Tewkesbury (4 mai

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ÉDOUARD IV MAÎTRE DE L’ANGLETERRE (Mai 1471) 217

de Sombresset prins, lequel eut lendemain la teste tranchée.

En unze jours gaigna le conte de Warvic tout le royaume d'Angleterre; au moins le mist en son obeissance. Le roy Edouard le conquist en vingt et un jours‘!; mais il y eut

eux grosses et aspres batailles. Ainsi voyez quelles sont les mutations d'Angleterre. Ledict roy Edouard feït mourir beaucoup de peuple en plusieurs lieux, par especial de ceulx qui avoient fait les assemblées contre luy. De tousles peuples du monde celluy d'Angleterre est le plus enclin à

ces batailles. Après ceste journée est demouré ledict roy Edouard pacifficque en Angleterre jusques à sa mort, mais non pas sans grand travail d’esperit et grandz pensées.

[CHAPITRE VIII

ICY LAISSE A PARLER DES GUERRES D'ANGLETERRE, ET RETOURNE A SA MATIÈRE, ET MESMEMENT DES POURSUYTTES QUI SE FAISOIENT ENVERS LE DUC DE BOURGONGNE, POUR AVOIR SA FILLE EN MARIAGE, SUR QUOY ESTOIT FONDÉE UNE DES PRINCIPALLES OCCASIONS DE CESTE GUERRE, AINSI QUE AVEZ VEU PAR CY DEVANT.

Je me veulx taire° de plus vous advertir de ces faictz 8, fs d’Angleterre jusques à ce qu’il viengne à propos en quelque h Ste, à ts ES a. Tous les manuscrits ont jour. — b. Titre en rouge dans D. 4, /1 Suit la miniature n° 8, décrite dans notre Introduction, p. xxi. }"# ; {4 — c. cesser P. PL: # | PPRLEU DT 1. B. de Mandrot, au t. I de son édition, p. 220, n. 2, incrimine , ‘ /;

à tort Commynes. Il dit qu’il s’écoula quarante-neuf jours de la *, bataille de Barnet (14 avril) à la bataille de Tewkesbury; mais il |! attribue à celle-ci la date du 23 mai au lieu du 4, erreur d’au-.,; . , tant plus singulière qu’un peu plus haut (même page, n.1) il ,. donne la date exacte. Du 14 avril au 4 mai, il y a exactement” vingt et un jours, et c’est Commynes qui a raison contre B. de Mandrot. Cf. notre Introduction, p. xv, n. 3.

[autre lieu. Le dernier endroit où je me suis teü de noz affaires de par deça a esté au departement que feit le duc de Bourgongne de devant Amyens et aussi du roy, qui, de son costé, se retira en Touraine! et le duc de Guyenne, son frère, en Guyenne, lequel ne laissoit® de continuer la poursuyte du mariage où il pretendoit avec la fille du duc de Bourgongne, comme j’ay dict cy devant.

Ledict duc de Bourgongne monstroit tousjours y vouloir entendre, mais jamais n’en eut le vouloir; mais en vouloit entretenir chascun comme j'ay dict?; et puis luy souvenoit des termes que on luy avoit tenuz pour le contraindre à faire ce mariaige. Et vouloit? tousjours le conte de Sainct Paul, connestable de France, estre mediateur‘ de ce marché; d’autre costé, le duc de Bretaigne vouloit que ce fust par le sien. Le roy estoit, d’autre part, pour le rompre très embesongné; mais il n’en estoit point de besoing, pour deux raisons que j’ay dictes ailleurs, ny aussi ledict duc n’eust point voulu de si grant gendre, car il vouloit marchander de ce mariage par tout comme j’ay dict. Et ainsi le roy se mectoit en peine pour neantd; mais il ne povoit sçavoir les pensées d’aultruy. Et n’estoit point de merveilles, s’il en avoit crainte, car son frère eust esté bien grand si ce mariage eust esté faict, et, le duc de Bretaigne joinct avec eulx, l’estat du roy et de ses enfans eust esté en peril. Et sur ces propres entrefaictes, alloient et venoient mainctz embassadeurs des ungs aux autres, tant secretz que publicques.

Ce n’est pas chose trop seüre de tant d’allées et venues d’ambassades, car bien souvent se y traictent* de mauvaises choses. Toutesfois il est necessité d’en envoyer et d’en re-

a. ne se taisoit P. — b. voulut P. — c. moyenneur P. — d. P donne simplement le roy perdit sa peyne. — e. se tracte M; s’i tracte P.

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