Entendez : au cas où
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236 BELLE DÉFENSE DE BEAUVAIS (juin-juillet 1472)
ville n’eust sceü eschapper de ses mains, car nul n’y eust
peü entrer. Mais Dieu vouloit qu’il feïst doubte où il n’y en
avoit point! : car pour ung petit ruysseau? qui estoit à pas-
ser il feïst ceste dificulté. Et depuis qu'il y eut largement
gens d’armes dedans, il le voulut faire3, qui eust esté mectre Die tout son ost en peril; et à grant peine l’on peüt-l’en desmouvoir. Et fut le xxvire jour de juing, l'an mil quatre cens
Ce® feu dont je parle dura tout ce jour, et y entrèrent vers le soir dix lances d'ordonnance seullement, comme m'a esté dit, car je estoys encores avec le duc de Bourgongne; mais ilz ne feürent point veüz, pour ce que chascun estoit empesché à se loger, et aussi n’y avoit nul? de ce costé. A l’aube du jour commença l'artillerie dudict duc à approcher‘; et, tost après, veismes entrer gens largement, au moins environ“ deux cens hommes d’armes, et croy que, s’ilz ne fussent venuz, que la ville eust mis peu à composer; mais, en la colle‘1 où estoit le duc de Bourgongne, comme avez peü entendre dessus, il desiroit la prendre d’assault; et sans doubte il l’eust bruslée, si ainsi fust advenu, qui eust esté très grant dommaige; et me semble qu’elle fut preservée par vray miracle, et non autrement.
Depuis que ces gens y furent entréz, l'artillerie dudict duc tira continuellement, l’espace de quinze jours ou environ. Et fut la place aussi bien battue que jamais place fut”,
a. Le À. — b. nul n’y avoit À. — c. commença a approucher l'artillerie dudit duc P. — d. P omet environ. — e. Sic dans tous les manuscrits. — f. P ajoute et.
1. Le sens est : Dieu voulut lui inspirer la crainte, alors qu'il n'y avait point lieu de craindre.