‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 286 sur 315 · C'est-à-dire : ce qui. Cf. ci-dessus, p. 22, n · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : ce qui. Cf. ci-dessus, p. 22, n

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BELLE DÉFENSE DE BEAUVAIS (juin-juillet 1472) 237

jusques en l’estat d’assaillir!. Toutesfois aux fosséz y avoit de l’eau et faillut faire deux pontz de l’ung costé de la porte bruslée, et de l’autre costé de ladicte porte on povoit joindre jusques ès® murs sans dangier, sauf d’une seule canonnière, que on ne sceüt battre, pour ce qu’elle estoit fort basse.

C'est bien grant peril et? grant follie d’assaillir si grans gens; et encores par dessus tout y estoit le connestable, comme je croy (ou logé près de la ville, je ne sçay lequel?) le mareschal Joachin, le mareschal de Loheac, monsr de Cursol3, Guillaume de Valléei, Mery de Coéÿ, Sallezart5, Thevenot de Vignolles7, tous ayant® cent lances pour le moins, hommes d’armes de l’ordonnance et largement.gens de pied et beaucoup gens de bien qui se trouvèrent avecques ces cappitaines.

Toutesfois delibera ledict duc donner l’assault : mais ce fut tout seul, car nul ne se trouvoit de ceste oppinion que luy. Et le soir, quant il se coucha sur son lit de camp, vestu8, comme il avoit accoustumé, ou peu s’en failloit, demanda à aucuns s’il leur sembloit qu’ilz attendissent l’assault. Il luy fut respondu que ouy, veü le grant nombre de gens qui y estoit, et, n’eussent-ilz devant eux que une haye*,

a. aux P. — b. À répète bien. — c. anciens D, mot qui n’a pas de sens ici. Nous corrigeons d’après les autres manuscrits. — d. can À et P. — e. B donne ces mots : n’eussent-ilz devant eux que une haye, qui donnent un sens plausible. D omet ce membre de phrase. Les autres manuscrits sont incomplets ou fautifs.

1. Il faut entendre : la place fut battue jusqu’au point où l’on bat une place pour permettre l’assaut.

2. B. de Mandrot, au t. I de son édition, p. 242, observe justement que le connétable de Saint-Pol était à Creil. 3. Louis de Crussol.

. Guillaume de Vallée, sire de la Roche-Tesson. . Méri de Couhé.

. Le célèbre capitaine Jean de Salazar.

« Vignoles » est le surnom d’Estevenot de Talauresse. . Entendez : tout habillé. Cf. ci-dessus, p. 143.

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238 BELLE DÉFENSE DE BEAUVAIS (juillet-août 1472)

qu’ilz estoient encores suffisans pour la deffendre. Il le print en mocquerie et dist : « Vous n’y trouverez demain personne. »

A l'aube du jour fut l’assault très bien assailly et très hardiement et encores myeulx defendu. Grand nombre de gens passèrent par dessus ce pont et y fut estouffé monsr d’'Espiriz!, ung vieil chevalier de Bourgongne qui fut le plus homme de bien qui y mourut. De l’autre costé, y en eut qui montèrent jusques sur le mur, mais tous ne revindrent pas. Ils combattirent main à main, longuement, et fut l’assault assez long. Autres bandes estoient ordonnées pour assaillir après les premiers; mais, voyant qu’ilz perdoyent leur temps, ledict duc les fist retirer. De dedans ne saillirent point. Aussi ilz povoient veoir largement gens prestz à les recueillir, s’ilz fussent sailliz. À cest assault mourut environ six vingtz hommes. Le plus grant fut monsr d’Espiryz. Aucuns en cuydoient beaucoup plus. Il y eut bien mil hommes blesséz?.

La nuyt d’après feirent ceulx de dedans une saillie, mais ilz estoient peu‘ gens, et la pluspart estoient à cheval, qui se meïsdrent par le cordaige’ des pavillons®. Ilz ne feïrent riens de leur proffit et perdirent deux ou trois gentilz hommes. I1z blessèrent ung bien fort homme de bien, appellé messire Jacques d’Orsoni, maistre de l’artillerie dudict duc, qui peu de jours après y mourut.

Sept ou huict jours après cest assault, voulut ledict duc aller loger à la porte vers Paris et departir son ost en deux. Il ne trouva nul de ceste oppinion, veü les gens qui estoient

a. peu de P. — b. cordal P.

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