‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 290 sur 315 · LES CONSEILLERS BRETONS GAGNÉS AU ROI · texte numérisé non relu

LES CONSEILLERS BRETONS GAGNÉS AU ROI

Tout fut accordé et accomply!, sauf que de la pension du duc ne se payoit que la moytié et dura deux ans. Davantaige, donna le roy audict Souplenville six mille escuz : j’entendz cest argent contant, tant de luy que de son maistre, payé en quatre années; et ledict de Souplenville eut douze cens francz de pension, maire de Bayonne, bailly de Montargis, d’autres petitz estatz en Guyenne. Le tout dura à son maistre et à luy jusques au trespas dudict roy. Philippe des Essars fut bailly de Meaulx, maïistre des eaux et des forestz de la France®, douze cens francz de pension et quatre mil escuz. Depuis ce temps jusques au trespas dudict roy nostre maistre leur ont duré ces estatz; et aussi monsr de Comminges luy est demouré bon et loyal serviteur.

Appaisé que eut le roy ce bout de Bretaigne, tost après tira vers la Picardie.

Tousjours avoyent de coustume le roy et le duc de Bourgongne, dès que l'yver venoit, de faire trève pour six moys où pour ung an ou plus. Ainsi, en ensuyvant leur coustume, en feïrent une, et la vint faire le chancellier de Bourgongne et autres en sa compaignie. Là fut monstrée la paix finalle que le roy avoit avecques le duc de Bretaigne, par laquelle ledict duc renonçoyt à l’alyance qu'il avoit faicte avecques les Angloys et duc de Bourgongne; et, pour ce, vouloit le roy que les embassadeurs du duc de Bourgongne ne le nommassent point au nombre de leurs alliéz. À quoy ne voulurent entendre, et disoient qu’il estoit à son choix de se declairer de la part du roy ou du leur dedans le temps accoustuméi. Et disoyent que autres-

a. eut P.

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