LE COMTE DE SAINT-POL EN PÉRIL
parmy ses limites! pour aller en Flandres ou en Henault et si avoit de très grandes seigneuries siennes et grandes intelligences au royaume de France et aussi au pays dudict duc, où il estoit fort apparenté.
Toute ceste année que dura ceste trève, s’entretenoit ceste marchandise? et s’adressoient ceulx du roy à ung chevallier dudict duc appellé monsr de Humbercourt, dont ailleurs avez ouy parler en ce livreë, lequel de tout temps hayoit très fort ledict connestable, et la hayne estoit renouvellée n’y avoit guères, car ledict connestable, à une assemblée qui s'estoit tenue à Roye®, où ledict connestable et autres estoient pour le roy, le chancellier de Bourgongnei, le seigneur de Humbercourt et autres pour ledict duc, en parlant de leurs matières ensemble, le connestable desmentit très villainement ledict seigneur de Humbercourt par deux foizt. À quoy ne feït aultre responce sinon que, s’il enduroit ceste injure‘, il ne attribuast point cest honneur à luy, mais au roy, à la seürté duquel il estoit venu là pour embassader, et aussi à son maistre, de qui il representoit la personne, et qu’il luy en feroit led rapport.
[” Ceste seulle villanie et oultraige bien tost dicte cousta de- | puis la vie audict connestable et ses biens perduz, comme
a. Raye D, par transformation, après coup, de o en a; de même un peu plus bas. — b. par deux foiz omis par D. Nous rétablissons ces trois mots à l’aide des autres manuscrits. — c. s’il enduroit ceste injure ne se lit que dans D.— d. le manque dans P.
1. C'est-à-dire : qu’il prélevait un écu par « pipe » ou tonneau de vin passant entre les frontières de sa seigneurie.
2. C'est-à-dire : se négociait cette affaire (de perdre le connétable).