LE ROI ET LE TÉMÉRAIRE CONTRE SAINT-POL
suspicion que ledict duc le vouloit tromper et tirer ledict connestable des siens. Et, pour ce, à grant diligence envoya le roy devers ses embassadeurs estans à Bouvynes®, leur mandant ne conclure riens contre ledict connestable pour des raisons qu’il leur disoit, mais qu’ilzt allongeassent la trève selon leur instruction, qui fut d’ung an ou de six moys, je ne sçay lequel!.
Comme le messaige arriva, il trouva que tout estoit jà conclud et les séelléz bailléz dès le soir devant; mais les embassadeurs s’entendoient si bien etestoientsi bons amys qu’ilz rendirent les seelléz, lesquelz contenoyent que ledict connestable estoit, pour les raisons qu’ilz disoyent, declairé ennemy et criminel envers tous les deux princes et promectoient et juroient l’ung à l’autre que le premier des deux qui luy pourroit mettre la main dessus le feroit mourir dedans huict jours après ou le bailleroit à son compaignon pour en faire à son plaisir ou, à son de trompe, il seroit declairé ennemy des deux parties et tous ceulx? qui le serviroient .ne° porteroient faveur ne ayde. Et davantaige promectoit le roy baïiller audict duc la ville de Sainct Quentin, dont assez a esté parlé, et luy donnoit tout l'argent et autres meubles dudict connestable qui se pourroient trouver dedans le royaume avecques toutes seigneuries tenues dudicté duc. Et entre les autres luy donna Han et Bohanë, qui sont places très fortes; et à ung jour nommé devoyent le roy et ledict duc avoir leurs gens d’armes devant Han et assiéger ledict connestable. Toutesfois, pour les raisons que je vous ay dictes, fut rompue toute ceste
a. Bonnymes D. — b. qu’il D. — c. Après ne, B. de Mandrot ajoute [luy], qui n’est dans aucun de nos manuscrits. — d. audit P. — e. P ajoute et davantaige.
1. Il y eut, en réalité, des prolongations successives (voir les textes dans l'édition Lenglet, t. III, p. 293, 302, 315).