‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 52 sur 315 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

qu’ilz ont euen leurs jeunesses que pour ce que, venans en l'aage d'homme, la pluspart des gens taschent à leur complaire et à leurs complexions et* condicions.

Et pour ce que je ne vouldroye point mentir, se pourroit (re que, en quelque endroit de cest escript, se pourroit aul- |cune chose trouver qui? du tout ne seroit à sa louenge. Mais

j'ay esperance que ceulx qui le liront considereront les raisons dessusdictes!; et tant osé-je bien dire de luy, à son loz?, qu’il ne me semble pas que jamais j’aye congneu nul prince où il y eust moins de vices que en luy, à regarder le tout. Si ay-je eu autant de congnoissance de grans princes et autant de communication avecques eulx que nul homme qui ait regné# en France de mon temps, tant de ceulx qui ont regné en ce royaulme que en Bretaigne et en ces parties de Flandres, en Allemaigne, Angleterre, Espaigne, Portugal et Italie, tant seigneurs temporelz que spirituelz, et de plusieurs dont je n’ay eu la veue, mais congnoissance par communications de leurs ambassades, par lettres et par leurs instructions, par quoy on peult assez avoir d'informations de leur nature et condicion.

Toutesfois ne pretendz en riens, en le louant en cet endroit, diminuer l’honneur ne bonne renommée des aultres, mais vous envoye ce dont promptement m'est souvenu, esperant que vous le demandez pour le mectre en quelque œuvre que vous avez intention de faire en langue latine dont vous estes bien usité; par laquelle œuvre se pourra congnoistre la grandeur du prince duquel vous parleray, et aussi de vostre entendement. Et là où je fauldroye,

a. Quelques manuscrits omettent complexions et. — b. se pourroit trouver quelque chose qui dans P.

1. L'auteur plaide d'avance les circonstances atténuantes en faveur de son héros. Cf. p. xvi-xvinr.

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