‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 55 sur 315 · COMMYNES ENTRE AU SERVICE DU TÉMÉRAIRE · texte numérisé non relu

COMMYNES ENTRE AU SERVICE DU TÉMÉRAIRE

hantent toutes nations de gens estranges, par ung chevalier de Bourgongne appellé messire Olivier de la Marche. Pour lesquelles causes®, ledit roy, soy trouvant chargé de ce cas (contre verité, comme il disoit), requeroit audit duc Philippe que ce messire Olivier de la Marche luy fust envoyé prisonnier à Paris pour en faire la pugnition telle que le cas le requeroit. A ce point leur respondit le duc Philippes que messire Olivier de la Marche estoit né de la conté de Bourgongne, et son maistre d’hostel, et en riens subgect à la couronne; toutesfois, que s’il avoit dit ne faict chose qui fust contre l’honneur du roy et que ainsi le trouvast par information, qu’il en feroit la pugnition telle que ou cas appartiendroit; et que, au regard du bastard de Rubempré, il est vray qu’il estoit prins pour les signes et contenances? que avoyent ledict bastard et ses gens à l’environ de la Haye en Holande, où pour lors estoit sondict filz, conte de Charroloys, et que si ledict conte estoit suspessonneux, il ne le tenoit point de luy, car il ne le fut oncques, mais le tenoit de sa mèreë, qui avoit esté la plus suspessonneuse dame qu’il eust jamais congneue; mais, nonobstant que luy, comme dit est, n’eust jamais esté suspessonneux, s’il se fust trouvé, au lieu de son filz, à l’heure que ce bastard de Rubembré regnoit{ ès environs, qu’il l’eust fait prendre, comme il

a. À donne fautivement plus lesquelles choses.

1. Il s'agit du célèbre historien. B. de Mandrot, dans son édition de Commynes, t. I, p. 5, n. 3, rapproche de ce passage les textes de Du Clercq, Mémoires, éd. de Reiffenberg, t. IV, p. 74 et suiv., et Chastellain, Chronique, liv. I, ch. xxiv, éd. Kervyn de Lettenhove, t. V, p. 113, touchant les harangues échangées. Il signale le texte officiel qui se trouve à la Bibliothèque nationale, manuscrit français 1278, fol. 217. Voir aussi les Dépêches des ambassadeurs milanais, éd. B. de Mandrot, t. II, p. 353.

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