‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 97 sur 315 · RAPPEL DE L’HISTOIRE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

RAPPEL DE L’HISTOIRE D'ANGLETERRE

Mais quant les guerres commancèrent, dès le temps du roy Charles VIe, qui continuèrent jusques à la paix d’Arras, se meslèrent les Angloys cependant parmy ce royaulme, et si avant que, en traictant ladicte paix d'Arras, où estoient de la part du roi quatre ou cinq {princes|®, ducz ou contes, cinq ou six prelatz, et dix ou douze conseilliers de Parlement; de la part du duc Philippes, grans personnages [à l’avenant]?, et en beaucoup plus grant nombre; pour le pape, deux cardinaulx pour mediateurs et de grans personnaiges pour les Angloys, dura ce traicté par l'espace de deux moys!. Et desiroit fort le duc de Bourgongne se acquicter envers les Angloys, avant se separer d’eulx pour les alliances et promesses qu’ilz avoyent ensemble, et pour ces raisons fut offert au roy d'Angleterre, pour luy etles siens°, les duchéz de Normandie et de Guyenne, pourveu qu’il en feist l’hommaige au roy, comme avoient fait ses predecesseurs, et qu’il rendist ce qu’il tenoit au royaulme hors lesdictz duchéz : ce qu’ilz reffusèrent pour ne vouloir faire ledict hommaige ; et mal leur en print après, car habandonnéz furent de ceste maison de Bourgongne et, perdu leurs intelligences du royaulme, se prindrent à perdre et à diminuer. Lors estoit regent en France pour les Angloys le duc de Bethfort, frère du roy Henry cinquiesme, marié avecques la sœur dudict duc Philippes de Bourgongne, et se tenoit à Paris, qui, pour le moindre estat qu’il eust jamais en cest office, ce fut vingt mil escuz par moys. Ilz perdirent Paris et puis, petit à petit, le demourant? du royaulme.

a. Nous rétablissons ce mot, omis par le copiste de D et que donnent les autres manuscrits. — b. Même observation qu'à la note précédente. — c. D et d'autres manuscrits portent seigneurs. Nous corrigeons cette mauvaise lecture d'après P, suivi par B. de Mandrot.

1. Allusion aux tractations de 1435 (G. de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II, p. 505 et suiv.).

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