‹ Mémoires éditésChapitre 100 sur 379 · FAUTES COMMISES PAR SAINT-POL · texte numérisé non relu

FAUTES COMMISES PAR SAINT-POL

roy et ledit duc!. Car là estoit fondée sa grant auctorité et son grant estat ; et y avoit peu à faire à les entretenir en ce different, car naturellement leurs complexions estoient differentes.

Celuy seroit bien ignorant qui‘ croiroit qu’il y eust Fortune ne cas semblable qui eust sceü garder? ung si saige homme à estre mal de ces deux princes àc ung coup?, qui en leur vie ne se accordèrent“ en riens que en cecy, et, encores plus fort, le roy d’Angleterre* qui avoit espousé sa nyepce ‘ et qui merveilleusement aymoit tous les parentz de sa femme, et par especial ceulx de ceste maison de Sainct-Pol. Il est vra.ysemblable et chose certaine qu'il estoit eslongné de la grace de Dieu de se estre mis ennemy de ces troys princes et n’avoir ung seul amy qui l’eust osé loger une nuyct. Et autre Fortune n’y avoit mis la main que Dieu/. Et ainsi en est advenu et adviendra à plusieurs autres qui, après les grandes prosperitéz, tumbent en grandes adversitézÿ,

a. Il seroit bien ignorant celuy qui P. — b. peu guyder M; sceu guider P. — c. en P. — d. ne s’accordoient À. — e. que le roy d'Angleterre P. Mais B. de Mandrot intercale [avec] devant que. Le style de Commynes est trop riche en anacoluthes pour qu'il soit nécessaire de corriger celle-ci par une interpolation. — f. que Dieu manque dans les manuscrits autres que D.

1. Commynes a déjà exprimé cette idée. Il lui donne ici une forme particulièrement saisissante. On la retrouve sous la plume de Thomas Basin, Histoire de Louis XI, liv. V, ch. 1v, éd. J. Quicherat, t. II, p. 380 : « Verum ipse, qui jam satis gratiae assecutum, et ad summum usque locum apud Burgundionum principem se provectum videbat, existimabat se inter utrosque, regem videlicet Francorum et Burgundiae ducem, inter quos acerbissima odia tum vigebant, velut arbitrum, tuto atque inoffenso calle posse residere et ambulare. Temerarie profecto et nimis inconsulte! Nam cum utrique placere, lucrorum cupiditate ultro utroque illectus, conaretur, effectum est ut utrique displiceret et utriusque odium atque inimicitias conquireret. »

Z. Nous disons aujourd’hui : d’un seul coup, à la fois.

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