Cf. ci-dessus, p. 31, n
5. La suite fait penser qu’en écrivant ces mots Commynes songe aux malheurs de Charles le Téméraire et de sa maison.
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88 SAINT-POL AUX MAINS DU TÉMÉRAIRE (novembre 1475)
Arresté que fut ledict connestable, le roy envoya devers ledict duc de Bourgongne* pour en avoir la delivrance ou qu’il accomplist le contenu de son séellé!. Ledict duc dist que ainsi le feroit ; et feïit mener ledict connestable à Peronne? et estroictement garder.
Le duc de Bourgongne avoit jà prins plusieurs places en Lorraine et Barrois et estoit au siège devant Nancy #, laquelle se deffendoit très bien. Le roy avoit largement gens d'armes en Champaigne, qui donnoit# crainte audit duc, car il n’estoit point dit par la trève qu'il deüst destruyre le duc de Lorraine, lequel s’estoit retiré devers le roy. Monsr du Bouchaige et autres embassadeurs pressoyent fort ledict duc de tenir son seellé. Tousjours disoit que ainsi le feroit; et passa le terme de huyct jours, qu'il le devoit baïller ou en faire la justice, de plus d’ung moys, se voyant ainsi pressé et doubtant que le roy ne l’empeschast en son emprise de Lorraine, qu'il desiroit fort mener à fin pour avoir le passaige de Luxembourg en Bourgongne et que toutes ses seigneuries joignissent ensemble (car, ayant ceste petite duché, il venoit de Hollande jusques auprès de Lyon tousjours sur luy ÿ). Et,
a. de Bourgogne manque dans P. — b. donnoient P.
1. Entendez : qu'il livrât le connétable ou le traitât selon les conventions arrêtées. Cf. ci-dessus, p. 83.
2. Le comte de Saint-Pol fut conduit en premier lieu à Valenciennes, puis à Péronne.
3. Il s’agit du siège mis devant Nancy par Charles le Téméraire le 24 octobre 1475. Il avait pris auparavant Épinal, le château de Vaudémont, Pont-à-Mousson, Briey, etc. Cf., sur cette campagne, E. Toutey, Charles le Téméraire et la Ligue de Constance, p. 275 et suiv. ; Pfister, Histoire de Nancy, t. I (1902), p. 403 et suiv.
4. Ymbert de Batarnay, sire du Bouchage, avait pour collègue Olivier le Roux. B. de Mandrot, au t. I de son édition, p. 334, n. 2, signale à la Bibliothèque nationale, manuscrit français 2914, fol. 2 bis, l'original sur parchemin du sauf-conduit délivré aux deux ambassadeurs par le duc de Bourgogne, en date de Souleuvre, 18 septembre 1475.