‹ Mémoires éditésChapitre 112 sur 379 · LE TÉMÉRAIRE ET LES SUISSES · texte numérisé non relu

LE TÉMÉRAIRE ET LES SUISSES

A riens ne voulut ledit duc entendre, et jà le conduysoit son malheur.

Ceulx qu’on appelle en ce quartier! les Nouvelles Alliances, ce sont les villes de Basle et Strasbourg et autres villes imperialles qui sont au long® de ceste rivière de Rin, lesquelles, d'ancienneté, avoient esté ennemyes desdictz Suysses, en faveur du duc Sigismont d'Autriche, duquel ilz estoient alliéz par le temps qu’il avoit guerre avecques lesditz Suysses ; et, depuys, s’estoient joinctz avec les dessusditz? Suysses et faict alliance pour dix ans, et aussy le duc Sigismond?. Et se feït ladicte alliance par la conduycte du roy et à son prochatzc3 et à ses despens, comme avez veü ailleurs, à l'heure que la conté de Ferrette fut ostée des mains du duc de Bourgongne et que, à Basle, firent mourir messire Pierre de Archambault {, gouverneur dudit pays pour ledict duc : lequel Archambault 4 fut bien cause de cest inconvenient, qui fut bien grant pour ledit duc, car tous ses autres maulx en vindrent. Ung prince doit bien avoir l'œil quelz gouverneurs il mect en ung pays nouveau joinct à sa seigneurie ; car, en lieu de les traicter en grant doulceur et en bonne justice et faire myeulx qu’on ne leur avoit faict* le temps passéf, cestuy-cy feït tout le contraire, car il les traicta en

a. bort À. — b. dessusditz omis par P. — c. pourchatz À ; prochaz P.— 4. Archambault omis par P. — e. qu’ilz n’ont en P.

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