Entendez : un peu d'argent
4. C'est-à-dire : sans y avoir été contraints, volontairement.
120 BATAILLE DE MORAT (22 juin 1476)
par quoy sembloit qu'il y eust* peu de ressourse en son faict. Toutesfois Dieu demeure tousjours le juge pour determiner de telies causes, quant il luy plaist.
[2.] De la bataille de Morat, où le duc de Bourgongne fut dejfaict des Suysses pour la seconde foyz?. — Passé que fut ledit duc de Lorrayne‘, comme j’ay dit, après avoir chevauché aucuns jours, arryva vers lesdictes Alliances peu d’heures avant la bataille et avecques peu de gens ; et luy porta ce voyage grant honneur et grant profft, car si autrement en fust allé, il eust trouvé peu de recueil4!. Sur l'heure qu'il fut arrivé, marchèrent les batailles? d’ung costé et d’autre, car lesdictes Alliances avoyent jà esté logéz troys jours auprès dudict duc de Bourgongne, en lieu fort. A peu de deffense fut desconfit ledict duc et mys en fuytte3 ; et ne luy print point® comme de la bataille precedente, où il n’avoit perdu que sept hommes d’armes. Et cela advint pour ce que lesdictz Suysses n’avoyent point de gens de cheval, mais à ceste heure-cy dont je parle’, qui fut près de Morat, y avoit de la part desditz Allemans quatre mil hommes à cheval bien montéz, qui chassèrent très loing les gens dudict duc de Bourgongne, et si joignirent leur bataille à pied avec les gens de pied dudict duc, qui en avoit largement. Car, sans‘ ses subgectz et aucuns
a. avoit M. — b. Titre en rouge dans D. — c. Bourgogne À, par évidente distraction. — d. remède À. — e. point omis par M.— 1. dont j'ay parlé P ; ces mots font défaut dans M.
1. Le « recueil » est l’accueil fait à celui que l’on reçoit. Commynes veut dire que, s’il eût agi autrement, le duc de Lorraine eût trouvé difficile accueil où qu'il se fût adressé.