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C'est-à-dire : son habillement, son train

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118 FRÉDÉRIC D’ARAGON A MORAT (juin 1476)

madame de Savoye pour son filz! et autres. Par quoy® ledict prince de Tarante, appellé domp Federic d’Arragon, mal content des delaiz, et aussi ceulx de son conseil envoyèrent devers le roy ung officier d'armes bien entendu, qui vint supplier au roy donner ung sauf-conduyt audict prince pour passer par le royaume et retourner vers le roy, son père, lequel l’'avoit mandé. Le roy lui octroya très voluntiers, et luy sembloit bien que c’estoit à la diminution du credit et renommée dudict duc de Bourgongne ?.

Toutesfois, avant que le messaiger fust de retour, estoient jà assemblées toutes les ligues d’Allemaigne et logées auprès dudict duc de Bourgongne. Ledit prince print congié dudit duc le soir devant la bataille, en obeissant au commandement du roy son père, car, à la première bataille, s’estoit trouvé comme homme de bien. Aussi disent aucuns qu'il usa de vostre conseil, mons' de Vienne. Car je luy ouy dire et? tesmongner, quant il fut arrivé devers le roy, et au duc d’Astoly‘, appellé le conte Julio#, et plusieurs autres que, de la première et seconde bataille vous en avyez escript en Ytalie et dit ce qui en advint plusieurs jours avant qu'elles fussent 4.

Comme j'ay dit, au partement dudict prince, estoient logées toutes ces alliances assez près dudit duc et venoyent

a. par quoy omis par P. — b. je l’ay ouy tesmoigner P. — c. Estal 4 ; Astolli B et M; Estolli P. — d. advindrent M.

1. Probablement Charles de Savoie, car le fils aîné de la duchesse, le duc Philibert Ier, avait épousé Blanche-Marie Sforza en

2. L'état des affaires du Téméraire pouvait avoir refroidi le Napolitain ; mais le peu de succès de ses démarches matrimoniales sufñrait à justifier son départ. Il faut, du reste, se rappeler ce qu'a déjà dit Commynes au sujet de la répugnance qu'éprouvait le duc à marier sa fille. Cf. notre t. I, p. 189.

3. Mile Dupont, au t. II de son édition, p. 26, n. 2, a démontré qu'il s’agit ici du comte Giulio-Antonio Acquaviva, duc d’Atri.

FORCES EN PRÉSENCE À MORAT (juin 1476) 119

pour le combattre allans lever le siège‘ qu’il avoit devant! Morat!, petite ville près de Berne, qui appartenoït à monsr de Romont. Lesdictz allyéz, comme me fut dit par ceulx qui y estoient, povoient bien estre trente mil hommes de pied bien choysiz et bien arméz, unze mil picques et dix mil hallebardiers° et dix mille colevreniersé et quatre mil hommes de cheval. Lesdictes alliances n’estoient point encores toutes assemblées ny° ne se trouva à la bataille que ceulx dont j'ay parlé, et suffisoit bien. Monsr de Lorraine y arriva à peu de gens, dont bien luy en print depuis, car le duc de Bourgongne tenoit lors toute sa terre.

Au duc de Lorraine print bien de ce que l’on s’ennuyoit/ de luy en nostre court, mais un homme grand?, quant il a tout perdu le sien, ennuye le plus souvent à ceulx qui le soubstiennent. Le roy luy avoit donné ung petit d'argent et le feit conduyre avec bon nombre de gens d’armes au travers du pays de Lorraine, lesquelz le” misdrent en Allemaigne, et puis retournèrent. Ledict seigneur n’avoit point seullement perdu sondict pays de Lorraine, la conté de Vauldemont, la pluspart de Barrois ; le demourant, le roy le tenoit. Ainsi ne luy estoit riens demouré ; mais, qui pis estoit, tous ses subgectz avoyent fait serment audict duc de Bourgongne, et sans contraincte!, et jusques aux serviteurs de sa maison;

a. combattre à l’heure du siège B ; combattre et lever du siège P et M. — b. Pet M ajoutent mis. — c. dix mille hallebardiers, omis par D, est ici restitué d'après À et M ; albardes P. — d. coulevriniers M ; coulevrines P.— e. ny manque dans P. — f. advisoit D ; amusoit 4, B et M. Nous corrigeons d'après P, dont la leçon est si nettement exigée par la suite qu'elle avait été substituée d'avance par correction dans les anciennes éditions. — g. se A. — h. fait manque dans M ét P.

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