C'est-à-dire : sans compter
BATAILLE DE MORAT (22 juin 1476) 121
Angloys qu'il avoit, et‘ en bon nombre, il estoit venu de nouveau beaucop gens du pays de Pymont et autres des subgectz du duc de Millan, comme j’ay dit'. Me dist le prince de Tarante, quant il fut arrivé devers le roy, que jamais n’avoit veü si belle armée et qu’il avoit compté et fait compter, en passant l’armée ung pont, et avoit bien trouvé? vingt et trois mil hommes de soulde?, sans le reste qui suyvoit® l’armée et qui estoit pour le faict de l'artillerie. A moy me semble ce nombre très grant, combien que beaucoup de gens parlent de milliers et font les armées plus grosses qu’elles ne sont et en parlent legièrement.
Le seigneur de Contay, qui arriva vers le roy tost après la bataille, confessa au roy, moy present, que, en ladicte bataille, estoient mortz huict mil hommes du party dudict duc, prenans gaiges, et d’autres menuz gens assez ; et croy, à ce que j'en ay peü entendre, qu'il y avoit bien dix huict mil personnes mortz en tout*; et estoit aysé à croire, tant pour le grant nombre de gens de cheval qu'il y avoit, que y avoient envoyé’ plusieurs seigneurs d’Allemaigne, que aussi pour ceulx qui estoient encores au siège devant ledict Morat.
a. et omis par P. — b. trouvé bien P.— c. servoit 4. — d. paty D.—e. L’ « exemplaire vieil » de Sauvage portait la même leçon que D, dont nous transcrivons le texte, sauf que Sauvage écrit mortes et non mortz, en faisant observer que ce mot (quelle qu'en fût la grabhie originale) était rajouté. Dans P, le texte est un peu différent : qu'il y mourut bien dix huyt mil personnes en tout; M donne : qu’il y avoit bien dix huit mil personnes en tout, fexte conforme à celui de l’ « exemplaire vieil » avant l'addition. — f. envoyé, omis par D, est restitué ici d'après les autres manuscrits.