CHAPITRE V] [LES CONSÉQUENCES DES DÉSASTRES BOURGUIGNONS
[r. Charles le Téméraire après Morat.] — Pour continuer mon propoz, fault parler dudit‘ duc de Bourgongne, lequel, après la fuytte de ceste bataille de Morat, s’en estoit allé à l’entrée de Bourgongne, en ung lieu appellé la Rivière?, et fut ladicte bataille l’an mil IIIIC LXXVI, auquel lieu il sejourna plus de six sepmaines, ayant encores cueuri de rassembler gens. Toutesfoiz il y besongnoit peu et se tenoit comme solitaire ; et sembloit plus qu’il feïst par obstination ce qu’il faisoit que autrement, comme vous entendrez. Car la douleur qu'il eut de la perte de la première bataille de Granson fut si grande et luy troubla tant les esperitz, qu'il en tumba en grand malladieÿ. Et fut sa collère et challeur natu-
a. se omis par P. — b. jusques à la mort manque dans M. — c. dit omis par P.— d. Les manuscrits autres que D présentent autrement la phrase, que les éditeurs antérieurs à B. de Mandrot ont arrangée tant bien que mal : et fut telle que là où sa colère P; que sa colère M.