‹ Mémoires éditésChapitre 140 sur 379 · Sur ce point, cf. ci-dessus, P-117,n.1I · texte numérisé non relu

Sur ce point, cf. ci-dessus, P-117,n.1I

relle si grande qu'il ne beuvoit point de vin, mais, le matin, beuvoit ordinairement de la tizanne®* et mangeoit de la conserve de roses pour se refroischir. Ladicte tristesse mua tant sa complexion, qu'il luy failloit faire boyre le vin bien fort sans eaue ; et, pour luy faire retirer le sang, aucuns mectoient des estouppes dedans ardantes ? et les luy passoient en ceste challeur à l'endroit du cueur!. Et de ce propoz, vous, monsr de Vienne, en sçavez plus que moy, comme celuy qui l’aydastes à penser en ceste malladie et luy feïstes faire‘ la barbe, que il laissoit croistre. Et, à mon advis, oncques, puis ladicte malladie?, ne fut si saige que auparavant, mais beaucoup diminué de son sens. Et telles sont les passions de ceulx qui jamais n’eurent adversité* et ne sçavent trouver nulz remeddes et, par especial, les princes qui sont orguilleux. Car, en ce cas et en semblables, le premier reffuge est retourner” à Dieu et penser si en riens on l’a offensé et se humilier devant luy et congnoistre” ses mesfaictz, car c’est luy‘ qui

a. ptizanne P et M.R. de Chantelauze, éd. p. 324, n. 3, fait observer que les médecins, jusqu'au commencement du XVII® siècle, écrivaient « ptisane ». — b. des estouppes ardantes dedans des vantouses P; dedans des estouppes voleuses M. — c. coupper P; rère (c’est-à-dire raser) B et M. — d. P et M ajoutent comme homme trop melancolicque. — e. ame à poste D, qui ne présente aucun sens plausible et doit résulter d’une distraction du scribe. — 1. princes orgueuilleux M ; princes fort orgueilleux P. — g. soy retourner P et M.— h. recognoistre P et M.— 1. celluy P.

1. Le lien de cette phrase avec la précédente apparaît mal. Mais il n’est pas douteux qu'il faille comprendre de la façon suivante : avant Granson, la complexion sanguine du duc l’obligeait à s’abstenir de vin, à boire de la tisane, à manger de la conserve de roses ; depuis sa maladie, il lui fallait non plus des calmants et des rafraîchissants, mais des fortifiants et des révulsifs.

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