PUISSANCE DES ANGLAIS
des grans. Et si j’osoye tout dire, il m’a maintesfois dit qu'il congnoissoit bien ses subjectz et qu'il le trouveroit! si ses besongnes se portoient mal. Et pour ce, quant le duc de Bourgongne entroit, il ne faisoit que fort bien garnir les places au devant de luy. Et ainsi, en peu de temps, l’armée du duc de Bourgongne se desfaisoit d’elle mesmes sans ce que le roy mist son estat en nul peril, qui? me sembloit proceder * par grant sens.
Toutesfois, ayant le duc de Bourgongne la puissance telle que je vous ay dicte, et l’armée du roy d'Angleterre fust venue au commencement de la saison, comme elle eust sans nulle doubte, n’eust esté l’erreur du duc de Bourgongne de soy mectre si obstinéement devant Nuz, il ne fault pas doubter que ce royaulme n'’eust porté de très grans affaires. Car jamais roy d'Angleterre ne passa? si puissante armée pour ung coup, que fut ceste-cy° dont je parle, ne si bien disposée pour combattre. Tous les grans seigneurs d'Angleterre y estoient sans faillir ungf. Ilz povoient bien estre quinze cens hommes d’armes, qui estoit grant chose pour Angloys, tous fort bien en point et bien accompaignéz, et quatorze mil archiers, portans arcs et flesches et tousd à cheval, et assez
D ajoute aimé après bien. Aucun manuscrit ne donne ce mot, que les éditeurs, y compris B. de Mandrot, intercalent comme indispensable. Mais le style de Commynes s’en passe fort aisément, et le sens reste clair.
a. procédé P et M. — b. passa également dans P. C'est par erreur que B. de Mandrot imprime pressa. — c. ceste icy M ; cestuy ci que je parle À. — d. tout P.