CHAPITRE XI] [SAISIE DE LA PICARDIE ET DE L’ARTOIS
Comme nous eusmes sceü toutes lesdictes choses, nous
a. ytallien À ; ytalian P; espaignol M ; espaignol nommé don Diego B.
1. On raconta, en effet, qu’un page romain, nommé Gian-Battista Colonna, avait indiqué l'endroit où se trouvait le cadavre (Molinet, éd. Buchon, t. I, p. 234).
2. Lope de la Garde (Mlle Dupont, éd., t. II, p. 74). Jean de Roye cite « ung sien medecin portugalois nommé maistre Mathieu » (Journal, éd. B. de Mandrot, t. II, p. 41), et ce même personnage prend le nom italien de « Matteo de Clarici » dans une relation de « la déconfiture de Mgr de Bourgogne » de peu postérieure à l'événement (Bibliothèque nationale, manuscrit franç. 1707, fol. 48 et suiv.), citée au t. I de son édition des Mémoires par B. de Mandrot, p. 389, n. 1, et p. 396, n. 2.
3. Si l’on songe que les lettres de Louis XI en date du 12 sont les premières qui dénotent la connaissance certaine de la mort du Téméraire (ci-dessus, p. 159, n. 2), il apparaît que la mission de l'amiral et de Commynes doit remonter à la veille, c’est-à-dire au 11 janvier, comme l’a d’ailleurs conjecturé B. de Mandrot au t.I de son édition, p. 396, n. 2.
Go gle UNIVERSITY OF WISCON
COMMYNES EN PICARDIE ET EN ARTOIS (janvier 1477) 163
tirasmes jusques aux faulxbourgs d’Abeville, et fusmes les premiers par qui, en ce quartier là, ceulx du party du duc en furent advertiz. Nous trouvasmes que le peuple de la ville estoit desjà en traicté avec mons' de Torcy, lequel de long temps ilz aymoient très fort. Les gens de guerre et ceulx qui avoient esté officiers dudict duc traictoient avecques nous par ung messaigé que nous avions envoyé devant. Et, sur nostre esperance, feïrent partir quatre cens Flamens qu'ilz avoient ; mais, quant le peuple veït ceulx-là dehors, ouvryrent les portes à mons' de Torcy, qui? fut le grant dommaige des capitaines et autres officiers de ladicte ville ; car ilz estoient sept ou huyt à qui nous avions promis des escuz® et aucunes pensions, car ce povoir avions-nous du roy ; dont ilz n’eurent riens, pour ce que les places ne furent point baillées par eulx.
Ladicte ? ville d’Abeville estoit des terres baïllées par le roy Charles septiesme à la paix d'Arras, lesquelles devoient retourner en° deffault de hoir masle #. Par“ quoy n’est merveille si legièrement nous ouvrirent* les portes. De là tirasmes à Dorlansé et envoyasmes sommer Arras, chief7 d’Arthois, ancien patrimoine des comtes de Flandres, et qui de tout temps avoit acoustumé de aller à filles comme à filz.
Mons: de Ravastin et monsr des Cordes, qui estoient en ladicte ville d'Arras, entreprindrent de venir parler à nous
a. estatz P. — b. dicte omis par M.—c.au P. — d. pour P. — e. ouvroient M.
1. Jean d’Estouteville. Son rôle à ce moment est précisé dans Wavrin, Appendice, ch. xLix, éd. Dupont, t. III, p. 318 et suiv., et les extraits des archives municipales d’Abbeville publiés tant par Mie Dupont au t. I de son édition, p. 75, que par Prarond, Histoire d’A bbeville (1899), p. 318, d’où il résulte que la ville fut rendue au roi le 17 janvier.