Entendez : ne viendraient point à bout
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VISÉES DE LOUIS XI SUR LES PAYS-BAS (février 1477) 171
Ce qui faisoit nostre roy me dire ces motz, c’estoit pour ce qu'il estoit changé de volunté et que ceste bonne fortune qu’il avoit au commencement luy donnoit esperance que tout se rendroit à luy de“ tous costéz. Et se trouvoit ? conseillé par d’aucuns et si estoit aussi enclin de tous pointz deffaire et destruyre ceste maison et en departir les seigneuries en plusieurs mains et nommoit ceulx à qui il entendoit donner les contéz, comme Namur, Haynault, qui sont situées près de luy, les autres grandz pièces, comme Brabant, Hollande, en aider! à avoir aucuns seigneurs d’Alemaigne, qui seroient ses amys et qui lui aideroient à executer son vouloir. Son plaisir estoit bien me dire toutes ces choses, pour ce queautresfois luy avoye parlé et conseillé l’autre chemin cy-dessus escript ?, et vouloit que je entendisse ses raisons et pourquoy il muoyt® et que ceste voye estoit plus utile pour son royaume, qui beaucoup avoit souffert à cause de la grandeur de ceste maison de Bourgongne et des grans seigneuries qu’ilz possedoient 4.
Quant au monde, il y avoit grand apparence en ce que ledit seigneur disoit ; mais, quant à la conscicnce, me sembloit le contraire. Toutesfois le sens de nostre roy estoit si grand que moy ne autres, qui fussent* en la compaignie, n’eussions sceü veoir cler en ses affaires comme luy-mesmes faisoit : car, sans nulle doubte, c’estoit ung des plus saiges princes’ et des plus subtilz qui ayt regné en son temps. Mais, en ces grandz matières, Dieu dispose les cueurs des rois et des grandz princes, lesquelz il tient en sa main, à prendre les voyes selon les œuvres qu'il veult conduyre
a. et de P. — b. trouva P.—c. moyt D; y muoit P; yavoit 4. — d. qu’elle possedoit À. — e. autre qui fust P. — f. hommes P. — g. en son pays 4.
1. Comme le conjecture très timidement B. de Mandrot, le verbe « aider » dépend de « entendoit »; mais il ne faut pas couper la phrase après « luy ».