‹ Mémoires éditésChapitre 188 sur 379 · Meulan, arr. de Versailles (Seine-et-Oise · texte numérisé non relu

Meulan, arr. de Versailles (Seine-et-Oise

4. Cf. ci-dessus, p. 170, n. 1.B. de Mandrot, au t. II de son édition, p. 402, n. 1, a montré que, si Olivier ne fut pas comte de Meulan, il reçut du moins les biens « qui furent au feu comte de Meulan »; il a montré aussi (#bid., p. 409, n. 2) que les actes de Tournai appellent seulement l’envoyé du roi « capitaine de Meulan ».

OLIVIER LE DAIN A TOURNAI (avril-mai 1477) 179

car elle est sienne et luy paye dix mille livres parisiz l’an et, au demourant, vit en toute liberté et y sont receüz toutes gens! ; et est belle ville et très forte, comme chascun en ce quartier deçà le scet bien. Les gens d’eglise et bourgeoys de ladicte ville ont tout leur vaillant et revenu en Haynault et en Flandres, car elle touche à tous les deux pays dessusditz ; et pour ceste cause avoyent tousjours accoustumé de donner, par les anciennes guerres du roy Charles VIIS et du duc Philippes de Bourgongne, dix mil livres® l’an audict duc, et autant leur en ay veü donner au duc Charles de Bourgongne. Pour ceste heure que y entra ledict maistre Olivier, elle ne payoit riens et estoit en grant ayse et repoz.

Combien que la charge que avoit ledict maistre Olivier estoit trop grande pour luy, si n’en fust-il point tant à blasmer que ceulx qui la luy baïillèrent?. L’exploit en fut tel qu’il devoit ; mais encores monstra-il sens et vertu 3 à ce qu'il fist. Car, congnoissant que ladicte ville de Tournay ‘ estoit si prochaine des deux pays dont j’ay parlé que plus ne povoit, et bien aysée? pour y faire grand dommage, pourveü qu’il y peüst mectre des gens d’armes que le roy avoit près de là

a. livres omis par P.— b. assise P.

1. Commynes vient de rappeler que la ville est « neutre ». Voir, sur cette neutralité, A. Lesort, Un document inédit concernant la diplomatie de Louis XT, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, t. LXII (1901), p. 15-24.

2. Si l’on se rappelle un passage précédent (ci-dessus, p. 174), on sera tenté de croire que Commynes vise ici le seigneur du Lude, à l'influence de qui il attribue sans doute le choix du roi pour une mission que lui-même eût peut-être souhaitée.

3. Cette phrase montre bien qu’on ne saurait accuser Commynes de jalousie et encore moins de partialité à l'égard d'Olivier le Dain. On ne peut donc souscrire sur ce point aux appréciations portées par Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Ph. de Commynes, t. I, p. 156.

4. Sur les événements de Tournai, un ensemble de documents importants (notamment le Kalendrier des guerres de Tournay de Jean Nicolay) a été publié dans les t. II et III (1853-1856), des Mémoires de la Société historique et littéraire de Tournai.

5. Entendez : bien placée pour faire aisément grand dommage à l’un ou l’autre pays.

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180 ÉVÉNEMENTS DE TOURNAI (23 mai 1477)

(à quoy pour riens ceulx de la ville ne se fussent consentiz, car jamais ne se monstrèrent ne d’ung party ne d’autre, mais neutres entre ces deux princes‘), pour les raisons dessusdictes, ledict maistre Olivier manda secrètement à monsr de Mouy, dont le filz ! estoit baïlly de ladicte ville (mais il ne se y tenoit point), qu’il amenast sa compaignye, qui estoit à Sainct-Quentin, et quelques autres gens d'armes, qui estoient en ce quartier là. Lequel vint à heure nommée à la porte, où il trouva ledit maistre Olivier, accompaigné de trente ou quarante hommes, lequel eut bien hardement ! de faire ouvrir la barrière, demye amour et° moytié“ force, et mist les gens d’armes dedans : dont le peuple fut assez content ; mais les gouverneurs de la ville, non. Desquelz il envoya sept ou huyct à Paris, qui n’en sont ozéz partir tant que le roy a° vescu. Après ces gens d’armes, y en/ entra d’autres qui ont faict merveilleux dommaiges ès deux pays dessusdictz depuis, comme d’avoir pillé maintz beaulx villaiges et maintes belles censes ?, plus au dommage des habitans de Tournay que d’autres, pour les raisons que j’ay dictes. Et tant en feïrent que les Flamens vindrent devant et tirèrent le duc de Gueldres de? prison (que le duc Charles y avoit mis), pour en faire leur chef. Et vindrent devant ladicte ville, où ilz feïrent peu de sejour, car ilz s’en partirent en grant desordre et fuyte et y perdirent beaucoup gens. Et, entre les autres, y mourut le duc de Gueldres, qui se mist à la queue pour vouloir ayder à soustenir le faiz 3, Mais il fut mal servy et y mourut. Doncquesi proceda cest honneur au roy par ledict

a. Les quatre derniers mots, depuis mais neutres, sont omis par D. — b. le hardement M.— c. et omis par P. — d.demye P.—e. ait P.— f. en y P. — g. hors de À, M et P.— h. le feu À ; le faix Bet M ; le fex P.— 5. dont P.

1. Ce fils était Jacques de Moy, qui ne fut bailli de Tournai que le 28 juin 1484, ainsi que l’a fait observer Mlle Dupont au t.IIde son édition, p. 99.

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