LES AMBASSADEURS GANTOIS RENTRENT A GAND
dessusdictz chancelier et Humbercourt, et supplyoit® au roy que ce qu'il luy plairoit faire conduyre envers elle passast par leurs mains et qu’il luy pleüst s’en addresser à eulx et à nulz autres n’en avoir communication.
Quant ces Gantoys et autres depputéz eurent veü ceste lettre, ilz en furent fort marriz, et ceulx quicommuniquèrent ? avec eulx les y° aydoient bien. Finablement, ladicte lettre leur fut baillée, et n’eurent autre despêche qui fust de grant substance : car ilz ne pensoyent que à leurs divisions et à faire ung monde neuf et ne regardoient point à 4 plus loing, combien que la perte d'Arras leur devoit bien plus‘ toucher au cueur. Mais c’estoient gens qui n’avoyent point esté nourriz en grandz matières! et gens de ville? la pluspart, comme j’ay dit.
I1z se misdrent à chemin droit à Gand, où ilz trouvèrent ladicte damoyselle, avec laquelle estoit le duc de Clèves, son prochain parent et de sa maison, de par sa mère, lequel estoit fort ancien. Il avoit esté nourry* en Bourgongne, c’est assavoir en ceste dicte maison de Bourgongne’, et de tout temps en avoit eu six mil florins de Rin de pension, par quoy ?, oultre le parentaige, y venoit parfois comme serviteur. L’evesque du Liége et plusieurs autres personnages y estoient pour accompaigner ladicte damoyselle et pour leurs affaires particuliers. Car l’evesque dessusdit estoit
a. supplyoient D. — b. communiquoient P.— c. y manque dans D.—d.au M.—e. plus manque dans D. — f. Il avoit esté nourriz en ceste maison de Bourgogne P. — g. Pour quoy P.
1. C'est-à-dire : ils n’avaient pas été élevés pour conduire de grandes affaires.