Entendez : d’un mauvais tempérament
6. C'est-à-dire : son ennemi et celui de la maison de Bourgogne.
7. Jean de la Marck, fils de Guillaume de la Marck et de Jeanne d’Arscot. Il se trouva en compétition, pour le siège épiscopal de Liége, avec Jean de Hornes, qui l’emporta auprès du pape Sixte IV.
8. L’attentat dont il s’agit date de fin août 1482. Guillaume
CONSEILS TENUS A GAND (mars 1477) 197
Le duc de Clèves y estoit, esperant faire le mariage de son filz aisné avec ladicte damoyselle, qui luy sembloit chose sortable pour beaucoup de raisons. Et croy qu'il se fust faict, si le personnage eust esté condicionné au gré d’elle et de ses serviteurs : car il estoit de ceste propre maison sa duché tenant, et nourry leans! ; et, par adventure, que la veüe et congnoissance qu'on avoit de luy luy fist ce dommaige?.
(CHAPITRE XVII
[LES ÉVÉNEMENTS DE GAND ET LA CONQUÊTE DU DUCHÉ DE BOURGOGNE PAR Louis XI]
[r. Tyrannie des Gantois.] — Pour revenir à mon propoz, ces depputéz arrivèrent à Gand. Le conseil fut preparé®, et ceste damoiselle mise en son siège et plusieurs? seigneurs à l’environ d’elle pour ouyr leur rapport. Ils commencèrent à dire la charge qu'’ilz avoyent d’elle et touchèrent principallement le point qui servoit à ce qu'ilz vouloyent faire. Et dirent que, comme ilz allegoyent au roy qu’elle: estoit deliberée de tous pointz se conduyre par le conseil des troys Estatz, qu'il leur avoit respondu qu'il estoit bien seür du contraire ;
a. y fut paré P. — b. ces P. — c. comme elle P.
de la Marck tua dans une embuscade l’évêque de Liége, Louis de Bourbon.
1. Entendez : Et je crois que ce mariage se fût fait si le personnage avait été à son gré et au gré de ses serviteurs : car il était de la même maison dont était voisin son duché et il y avait été élevé.
2. Entendez : que l'échec de la combinaison matrimoniale provient, d’après Commynes, du fait que l’on avait trop vu et connu le fils du duc de Clèves ; ce qui revient à dire qu’il ne plaisait ni à Marie de Bourgogne ni à ses conseillers.
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198 DÉMENTI INFLIGÉ A MARIE DE BOURGOGNE (mars 1477)
à quoy avoyent persisté ; par quoy® ledit seigneur offrit de monstrer lettres. La damoyselle, soudainement meüe et courroucée, dist sur le champ qu’il ne seroit jà trouvé estre vray que ladicte lettre? eust esté escripte ne veüe. Incontinent celuy qui parloit, qui estoit pensionnaire de Gand ou de Bruxelles !, tira de son sain ladicte lettre et devant tout le monde la luy baïlla. Il monstra qu’il estoit homme très mauvais et de peu d’honneur de faire ceste honte à ceste jeune damoyselle, à qui ung si villain tour n’appartenoit pas estre° faict ; car, si elle avoit fait quelque erreur, le chastoy ? ne luy en appartenoit point en publicque.
Il ne fault pas demander si elle eut grant‘ honte : car à° chascun avoit dit le contraire. Ladicte douairière et ledict seigneur de Ravastin et lesditz chancellier et seigneur de Humbercourt estoyent presens. L’on avoit tenu parolles 3 audict duc de Clèves et autres de ce mariage, qui tous furent courroucéz, et commença leur division grande et à se declairer. Ledict duc de Clèves avoit tousjours jusques lors eu’ esperance que ledict seigneur de Humbercourt tint pour luy à ce mariage, lequel se tint pour deceü, voyant ceste lettre, et luy en devint ennemy. Ledict evesque du Liége ne j’amoit point, pour les choses passées au Liége, dont ledict seigneur de Humbercourt avoit eu le gouvernement, ne son compaignon” messire Guillaume de la Marche, qui estoit" avec luy.
a. pour quoy P. — b. dist sur le champ : « Il ne seroit », cuident estre seür que ladite lettre P. Il ne seroit evident estre seür B. — c. à estre M. — d. grant manque dans P. — e. à omis par D, mais nécessaire au sens. — f. en M et P. — g. P remplace ne son compaignon par et ce. — h. y estoit P.
1. MUe Dupont, dans une note au t. II de son édition, p. 110, fait observer que, s’il s’agit du pensionnaire de Gand, l’auteur de cet éclat est Godevaert Hebbelin ; s’il s’agit du pensionnaire de Bruxelles, c’est Godevaert Roelants.