‹ Mémoires éditésChapitre 205 sur 379 · EMPRISONNEMENT D'OFFICIERS BOURGUIGNONS · texte numérisé non relu

EMPRISONNEMENT D'OFFICIERS BOURGUIGNONS

Le conte de Sainct Pol!, filz du connestable dont j’ay parlé, hayoit ledict seigneur de Humbercourt et le chancellier, pour ce qu’ilz livrèrent son père à Peronne entre les mains des serviteurs du roy, comme avez ouy au long cy-dessus. Ceulx de Gand les avoyent en grant hayne, sans nulle offence qu’ilz leur en eussent faicte, mais seulement pour la grant auctorité où ilz les avoyent veüz. Et seürement ilz le valloyent autant que personnages qui ayent regné ? en leur temps, ne deça ne delà, et avoient esté bons et loyaulx serviteurs pour leurs maistres.

Finablement la nuyt dont ces lettres avoyent esté monstrées3, le matin, les dessusdictz chancellier et seigneur de Humbercourt furent prins par lesditz Gantois, nonobstant qu'ilz eussent assez advertissemens; mais ilz ne sceürent fuyr à leur malle fortune, comme avoyent® plusieurs autres. Je croy bien que leurs ennemys, que j’ay nomméz, aydèrent bien à ceste prinse.

Avecques eulx furent prins messire Guillaume de Clugny, evesque de Therouenne? (et depuis est mort evesque à Poictiers), et tous troys furent mis ensemble. Ceulx de Gand y tindrent ung peu de forme de procès, ce qu’ilz n’ont point accoustumé en leurs vengeances, et ordonnèrent gens de leur loy à les interroguer et avec eulx ung de ceulx de la

Marcheÿ.

a. advint à M ; avoient et P. — b. Le scribe de D n'a pas su lire ce mot, il n’a retenu que T et rame, en laissant un blanc après T. Nous rétablissons d'après P.

1. Pierre de Luxembourg, fils du connétable Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, dont la fin malheureuse a été racontée plus haut, p. 91.

2. Le mot « regné » a le sens d’exister. Cf. ci-dessus, p. 15, n. 4.

3. C'est-à-dire: à la fin dela nuit où cette lettre avait été montrée.

4. « À leur malle fortune » équivaut à « pour leur malheur ». Comme à propos du comte de Saint-Pol, ci-dessus, p. 84, Commynes formule le reproche de ne pas savoir se dérober à temps.

5. Éverard de la Marck, frère de Guillaume, dont il a été question ci-dessus, p. 196. Ce personnage mourut seulement en 1506.

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