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DROIT ET UTILITÉ DES ÉTATS

[CHAPITRE XIX] [LE RÔLE DES ÉrATS]

Doncques, pour continuer mon propoz, y a-il roy ne seigneur sur terre qui ayt povoir, oultre son dommaine, de mectre ung denier sur ses subgectz sans octroy et consentement de ceulx qui le doyvent payer, sinon par tyrannie et violence !? L’on pourroit respondre qu’il y a des saisons * qu'il ne fault pas actendre l’assemblée et que la chose seroit trop longue à commencer la guerre et à l’entreprendre. Je respondz à cela qu'il ne se fault point tant haster ? et a-l’on assez temps. Et si vous dy que les roys et princes sont beaucoup plus fors quant ilz entreprennent quelque affaire par le conseil de leurs subgectz, et aussi plus craintz de leurs ennemys?.

Et quant ce vient à se deffendre, l’on voit venir ceste nuée © de loing, speciallement quant c’est d’estrangiers ; et à cela ne doyvent les bons subjectz riens plaindre ne reffuser3. Et ne sauroit advenir cas si soudain où l’on ne puisse bien‘ appeller quelques personnaiges*, telz que l’on puisse dire :

Il n’est point fait sans cause », et à cela ne user point de fic-

a. façons À et B ; fassons M. — b. Et à l’entreprendre ne se fault point tant haster P et M. Lu ponctuation est différente suivant les éditeurs : R. de Chantelauze rattache et à l’entreprendre à la phrase précédente, comme nous; B. de Mandrot, au contraire, commence la bhrase par ces mêmes mois. En suivant la leçon plus complète de D, nous ne pouvons couper d'autre façon que nous ne faisons et c'est ce qui justifie la ponctuation de l'édition R. de Chantelauze. — c. nue A ; mute P. — d. bien omis par P.— e. quelques ungs et personnaiges P et M.

gaerre se livraient à toutes sortes d’excès et de violence, vivant sur le pays.

1. Notre auteur pose ici le problème agité autour des rois depuis

| le temps de Charles V : quels sont les droits du souverain en ma- ‘| tière d'impôt?

2. Sur les idées politiques de Commynes, cf., au t. I, notre Introduction, p. 1x.

3. Sans doute Commynes pense-t-il à la France et aux sacrifices

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