LES ÉTATS DE
après la mort de nostre roy y eut-il division contre celuy qui règne? Les princes et les subgectz se misrent-ilz en armes contre leur jeune roy? En voulurent-ilz ung autre? Luy voulurent-ilz oster son auctorité? Le“ voulurent-ilz bryder qu’il ne pust user d'office de roy et commander? — Certes nenny ?. Si en y a-il eu de assez glorieux pour dire que ouy, si° n’eussent-ilz esté!. Ilz feïrent l’opposite de tout ce que je demande : car tout vint devers luy, tant les princes et les seigneurs que ceulx des bonnes villes ; tous le recongneürent pour roy et luy feïrent serment et hommaige ; et feïrent les princes et les seigneurs leurs demandes humblement, le genoul en terre, en baillant par requeste ce qu’ilz demandoyent, dressèrent conseil où ilz se feïrent compaignons de douze qui y furent nomméz?. Et, dès lors, le roy commandoit, qui n’avoit que treize* ans, à la relation de ce conseil.
A ladicte assemblée des Estatz dessusditz furent faictes aucunes requestes et remonstrances en grant humilité pour le bien du royaulme, remectant tout tousjours au bon plaisir du roy et de son conseil, luy octroyant/ ce que on leur voulut demander et ce que on leur monstra par£ escript estre necessaire pour le fait du roy, sans riens dire à l’encontre. Et estoit la somme demandée de deux millions cinq cens mille francz, qui estoit assez et à! cueur saoul, et plus trop que peu’,
a. et A.— b. My Dieu, nenny P.— c. ce P. — d. se omis par M. — e.treze D. — f. octroièrent P. — g. par omis par P et dans l'édition B. de Mandrot. — h. au P. — à. Nous reproduisons la leçon commune à À, B, D et M ; plus que trop peu P, que B. de Mandrot corrige ainsi : plus [trop] que trop peu.
1. On sent bien que, dans ce passage, qui est un plaidoyer pro domo, Commynes veut justifier l'opposition faite au gouvernement de la Régence. Cf., au t. I, notre Introduction, p. 1x.
2. Commynes fait allusion à la commission des douze personnages qui furent alors désignés pour composer le conseil étroit.
3. Entendez : somme qui était suffisante, et de quoi combler les désirs, et plutôt trop forte que trop faible.
Commynes, II. is