DIEU PUNIT L’INJUSTICE DES GRANDS
Je y comprens aussi bien les femmes comme les hommes qui quelques foiz et en aulcuns lieux ont auctorité et maistrise!, ou pour l’amour de leurs mariz°, ou pour avoir administration de leurs enfans, ou que les seigneuries viennent de par elles. Si je vouloye parler des moyens Estatz de ce monde et des petitz, ce propoz continueroit trop ; et me suffist alleguer les grandz : car c’est par ceulx où l’on congnoist la puissance de Dieu et sa justice. Mais pour mescheoir à ung pouvre homme ou à cent, nul ne s’en advise, car on attribue tout à sa pouvreté ou à avoir esté assez mal pensé? ou, s’il s’est noyé ou rompu le col, pour ce qu’il estoit seul ë, à grand peine en veult-on parler. Comment il meschoit à une grande cité, on ne le dit pas ainsi ; mais encore n’en parle-l’on point tant que des princes 4.
On pourroit demander pourquoy la puissance de Dieu se monstre plus contre les grans que contre les petitz. C’est que les petitz et les povres trouvent assez qui les pugnissent, quant ilz font le par ‘ quoy +. Et encores sont-ilz assez souvent pugniz sans avoir riens meffaict ou pour donner exemple aux autres et pour avoir leurs biens ou, par adventure, par la faulte du juge ; et aucunes foiz l’ont bien desservy, et fault bien que justice se face. Mais des grandz princes et princesses, de leurs grandz gouverneurs et des conseillers des provinces,
a. pour l'amour que leurs maris ont à eulx ou pour l'ignorance desdits maris P ; pour l’amour de leurs maris ou pour l'ignorance desdits maris M. Les mots ou pour l'ignorance desdits maris ne se trouvent ni dans À ni dans B. — b. Et si P. — c. Car P ; car pour M. Cette leçon est indiquée par erreur comme étant celle de D par B. de Mandrot. — d. La phrase tout entière est omise par D. Nous la rétablissons d’après les autres manuscrits. — e. pour P. — f. ou P.