OPPOSITION DE CERTAINS MILIEUX ANGLAIS
En ceste manière vivoyt nostre roy avec ces Angloys. Toutesfois souvent le roy d'Angleterre estoit requis et pressé du costé de ceste jeune princesse pour avoir ayde!. Par quoy ledict roy d'Angleterre envoyoit® devers le roy luy faire remonstrances sur ceste matière et le pressoit de paix ? ou au moins de trèves. Car ceulx d'Angleterre qui se trouvoyent à son conseil, par especial à leur parlement (qui est comme troys Estatz) se trouvèrent plusieurs sages personnages et qui veoyent loing et n’avoyent point de pension comme les autres. Ceulx-là desiroyent fort (et encores la commune) que le‘ roy d'Angleterre aydast à bon escient à ladicte damoyselle et disoyent que du costé de decà? on les trompoit et que l’on ne achevoit point le mariage et qu’il se povoit veoir, car au traicté faict à Picquigny entre les deux roys il avoit esté juré et promis que dedans l'an on devoit envoyer querir la fille du roy d'Angleterre, que jà avoyent fait intituler madame la daulphine, et que le terme estoit passé de beaucoup.
Quelque remonstrance que ses subjectz luy feïssent, il ne y vouloit entendre ; et y avoit plusieurs raisons. C’estoit ung homme pesant et qui fort aymoit ses plaisirs, et n’eust sceü
a. Et tantost envoya le roi d'Angleterre P. — b. faire paix P. — c. ledit P.
la cour de Bourgogne. Le 10 avril 1476, l’ambassadeur Panicharola écrit à Sforza que le duc Charles a beaucoup d'amitié pour Hastings ; il ne le considérait donc nullement comme vendu à Louis XI (Arch. d'État de Milan, « Potenze Estere, Borgogna »).
1. Kervyn de Lettenhove a publié dans le Bulletin de l’Académie de Bruxelles, t. XXXI (1854), p. 104 et suiv., des lettres de Marie de Bourgogne et de Marguerite d’York, veuve du Téméraire, demandant appui à Louis XI (18 janvier 1477). Depuis, il avait fallu se tourner d’un autre côté, et les intérêts anglais sur le littoral de la mer du Nord désignaient tout naturellement Édouard IV, qui était, au surplus, le frère de Marguerite.
2. Entendez : de ce côté-ci du détroit, par conséquent à la cour de France.