‹ Mémoires éditésChapitre 250 sur 379 · Le mariage d’Élisabeth d’Angleterre avec le dauphin · texte numérisé non relu

Le mariage d’Élisabeth d’Angleterre avec le dauphin

porter la peine de la guerre de deçà, et se veoyt sailly de grandz adversitéz, par quoy n’avoit cure de y rentrer‘. D'autre part, l’avarice de ces cinquante mil escuz renduz tous les ans en son chasteau de Londres luy amollissoyent ? le cueur. Et‘ aussi, quant ses embassadeurs venoyent, on leur faisoit tant bonne chère, et leur faisoit-l’on tant de beaulx dons, qu'ilz partoyent contentz!,et jamais ne leur estoit faict response où il y eust resolution, pour tousjours gaigner temps ; mais leur disoit-on que, en peu de jours, le roy envoyeroit devers le roy leur maistre bons personnaiges 4, qui luy donneroyent telles seürtéz de choses dont il estoit en doubte, qu’il s'en devroit bien contenter.

Ainsi quant ces embassadeurs estoient partiz, troys sepmaines ou ung moys après, aucunes foys plus, aucunes fois moins, qui n’estoit point petit terme‘ en tel cas, le roy y envoyoit, et tousjours personnages qui n’y avoyent point esté le voyage precédent, affin que si ceulx-là avoient faict quelque ouverture dont le faict ne s’en fust point ensuyvy, que les derniers n’en sçeüssent que respondre. Et aussy/ ceulx qui y estoyent envoyéz mectoient peines, par toutes voyes, de donner telles seürtéz en France audict roy d'Angleterre qu’il avoit encore pacience sans se mouvoir : car il avoit tant de desir de ce mariage, et ? la royne sa femme, que cela, avec les autres raisons que j’ay dictes, luy faisoient dissimuler ce que partye de ceulx de son conseil disoient estre au grand

a. assailly de grands adversitéz P, avec omission de par quoy n’avoit cure de y rentrer. B. de Mandrot signale ces derniers mots dans les éditions anciennes, mais oublie de les justifier par le texte de D.— b.admortissoit P.—c.et omis par Pet M.—4d. bons personnaiges omis par D ; nous rétablissons ces mots, nécessaires au sens, d’après les autres manuscrits. — e. La leçon est commune à D et M (quoi qu’en dise B. de Mandrot), tandis que À et B donnent qui n'estoit petit terme, ef que P. écrit seulement qui n’estoit point terme. — {. ainsi P.

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