MARIE DE BOURGOGNE ÉPOUSE MAXIMILIEN
Le duc de Clèves fut fort mal content de ceste responce, qui estoit opposite de ce qui avoit esté conclud en conseil, et remonstra fort à ladicte damoyselle qu’elle avoit mal parlé. A quoy elle respondit que autrement elle ne pourroit faire et que c’estoit chose promise, par quoy elle ne povoit aller au contraire®.
Veü ses parolles et qu’il congneüt bien qu'il y en avoit plusieurs leans de son oppinion, il se delibera, peu de jours après, de se retirer en son pays et se deporter ! de ceste poursuytte. Et ainsi se paracheva ce mariage, car ce duc Maximilian vint à Coulongne?, où aucuns des serviteurs de ladicte damoyselle allèrent au devant de luy ; et croy bien qu'ilz le trouvèrent mal fourny d'argent et luy en portèrent, car son père a esté parfaictement” chiche homme, plus que prince ne autre‘ qui ait esté de nostre temps î.
Le dessusdit filz d’empereur 4 fut amené à Gand, accompaigné de sept ou huyct cens chevaulx, et fut achevé ledict mariage, qui de prime face ne porta point grand utilité® aux subjectz de ladicte damoyselle : car, en lieu d'apporter argent, il leur en failloit baïller/. Leur nombre n'’estoit point suffisant à une telle puissance que celle du roy * et ne se accordoyent
a. encontre P. — b. le plus parfaitement P. — c. que prince que autre M; prince que aultre P. — d. de l’empereur M. — e. humilité 4, B et M. — f. baïller omis par P.
d’Arbaumont, t. III, p. 243) fait prononcer à Gand, dans cette séance du 18 avril 1477, les paroles suivantes : « Je entens que monseigneur mon père, que Dieu pardoint, consentit et accorda le mariage du filz de l’empereur et de moi, et ne suis point deliberée d’avoir d'autre que le filz de l’empereur. »